Samedi 4 juillet 2009
Ce texte de FD est encore en élaboration.

Sommes-nous confrontés à une situation imprévisible ? Comment prendre en compte les soubresauts de la crise actuelle du capitalisme en fonction des intérêts de la classe ouvrière, en sachant qu'historiquement des éléments constitutifs permettant le fonctionnement et la réaction contre l'exploitation ne remplissent plus aujourd'hui le même rôle ?

Qu’est ce qui fait que ces réactions soient aussi timides, malgré l’importance de la crise, malgré les appels de tous ceux qui prétendent parler au nom de la classe ? Alors que se passe-t-il ?

 

Le système capitaliste

Le capitalisme est un système de production qui, dès le départ, déshumanise les relations sociales en instaurant le rapport monétaire à la valeur.  C’est ce rapport à la valeur qui évolue historiquement et dialectiquement en fonction du développement des forces productives.  Cette évolution se traduit par une pénétration de plus en plus forte de la valeur, accentuant en quelque sorte l’inhumanité du capital, la réification.  Cette situation se traduit par un cortège de violences orchestrées pour défendre la valorisation du capital contre la baisse tendancielle du taux de profit, dans un contexte de concurrence de plus en plus exacerbée entre les divers capitaux. 

Historiquement, le capitalisme résulte d'un long combat pour rendre possible la liberté de pouvoir vendre et acheter. Le combat de la bourgeoisie naissante se limite à la défense de la liberté marchande. Et si la loi de la valeur théorisée par Marx est une constante caractéristique du rapport de production capitaliste, son mouvement, son extension sont le produit historique d'une situation de classe, qui au 19ème siècle n'occupait pas encore entièrement le champ de l'accumulation possible, laissant ainsi une marge de manœuvre aux diverses classes sociales qui subissaient l'attaque frontale du rapport capitaliste.

 

Ce processus affecte toute la société capitaliste. Cela signifie que l'opération de la loi capitaliste de la valeur pénètre petit à petit la société comme une totalité; que chaque pore de la société est envahi et transformé par l'opération de la loi de la valeur; que tous les domaines de l'existence sociale sont tendanciellement envahis par la loi de la valeur. Ce qui empêche qu'une telle totalité mise en forme par la loi de la valeur ne devienne une totalisation dont il n'y a pas d'issue est le fait que la loi de la valeur a ses contradictions propres; contradictions qui fournissent la base pour son propre renversement.

Pour expliquer ce phénomène, Marx fait appel à une notion particulière, celle de la réification.

 

La réification selon Marx

Marx a développé le concept de réification.  La notion de réification apparaît en 1859, où Marx dit que les « relations sociales entre les personnes se présentent pour ainsi dire comme inversées, comme un rapport social entre les choses ».

Plus tard, dans le premier tome du Capital, il affirme que « la matérialisation des rapports de production provient de la structure interne de l’économie marchande. Le fétichisme n’est pas seulement un phénomène de conscience sociale, mais d’être social »…

La réification, c’est le phénomène par lequel les relations entre les êtres prennent la forme de relation entre des choses.

Mais dans l’œuvre de Marx, ce concept prendra diverses formes.  Dans les premiers temps, M. parle d’aliénation ou de séparation. Plus tard, lorsqu’il développera la théorie du fétichisme de la marchandise, il utilisera les notions de travail réifié ou figé, de fétichisme ou de théorie de la valeur.   Ces trois formulations sont des approches d’un même problème, la détermination de l’activité créatrice des travailleurs dans la forme capitaliste de l’économie.
La première approche par Marx de l’analyse des relations sociales dans la société capitaliste se fit au travers du concept d’aliénation ou de séparation.

Marx emprunte ce concept à Hegel tout en critiquant le contenu que ce dernier lui avait donné

Pourtant, en 1845, dans ses Thèses sur Feuerbach, Marx critique ceux selon qui l’essence de l’homme demeure isolée, hors de l’histoire , et, de ce fait, abstraite.

Pour Marx « l’essence de l’homme n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux » (Thèses sur F. in L’idéologie allemande). Selon Marx F. « n’arrive jamais aux hommes qui existent et agissent réellement,  il ne connaît pas d’autres rapports humains, de l’homme avec l’homme que l’amour et l’amitié, et encore idéalisés… Il ne parvient donc jamais à saisir le monde sensible comme la somme de l’activité vivante et physique des individus qui le composent »

Dans l’Idéologie allemande (1845=46), puis Misère de la philosophie (1847), Marx envisage l’homme en termes bien plus concrets, càd considère le monde des objets comme un monde d’activités humaines concrètes, d’activités créatrices

 

 

Avant cela (en 1844), Marx a pose l’aliénation comme inhérente aux relations sociales dans une société capitaliste où une classe s’approprie le travail qu’une autre classe aliène. « en définissant par l’analyse critique l’aliénation de l’homme par lui-même, l’aliénation du produit de son travail et même de sa propre activité, Marx a soulevé la question de l’abolition de ces formes de déshumanisation, et la possibilité de restaurer une société humaine ».

Dans certains passages des Manuscrits de 1844, Marx identifie même le communisme à une retour à la nature humaine «  (voir citation p. 7), le « retour à l’essence de l’homme ».

 

En 1847 (Misère de la philosophie) : « en acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent   leur mode de production et en changeant le mode de production…ils changent tous leurs rapports sociaux…p. 9 ». L’étape suivant, selon FP consistera à ramener l’essence » humaine dans l’histoire ce qui revient à affirmer que l’homme n’a pas d’autre essence que son existence historique, ce qui fait dire à Marx «que « la somme des forces de production, de capitaux, de formes de relations sociales que chaque individu et chaque génération trouvent comme des données existantes, est la base concrète de ce que les philosophes se sont représentés comme « substance » et « essence de l’homme »

Concernant le projet historique : « les hommes ont chaque fois atteint le degré d’émancipation que leur prescrivaient et permettaient non pas leur idéal de l’homme, mais les forces productives existantes ». Marx a résolu (selon FP) l’essence de l’homme dans les conditions historiques où l’homme vit et a été ainsi conduit à abandonner le conflit entre l’homme aliéné de la société capitaliste et son essence humaine non-aliénée. (p. 9).

Il est intéressant de noter que selon Rubin, en 1859 le conflit réapparut une nouvelle fois, sous la forme d’un conflit entre les forces productives et les relations sociales (v.p. 10, à discuter).

 

 

Voyons. « Pour transformer la théorie de l’aliénation des relations humaines en une théorie de la réification des relations sociales en théorie du fétichisme de la marchandise, Marx a du ouvrir la voie du socialisme utopique au socialisme scientifique de la négation de la réalité au nom d’un idéal à la recherche dans cette réalité même de forces de développement et de mouvement. Le lien entre l’aliénation et le fétichisme de la marchandise      réside dans le concept de réification   (matérialisation ou objectivation) des relations sociales

 

 

 

La réponse qu’il a proposé a été caractérisée de messianique : « le prolétariat est capable de rompre le processus de réification ».  L’Ecole de Frankfort en fait la critique.  Mais celle-ci débouche sur la négation du caractère révolutionnaire du prolétariat.  Pour l’Ecole de Frankfort, la société capitaliste s’oriente vers une réification totale.

 

De plus, le processus sociétal, même développant une réification extrême, laisse toujours subsister des espaces de désobéissance.  Dès lors, on peut interpeller l’Ecole de Frankfort afin qu’elle précise la nature de cette force potentielle non réifiante.

 

 

Les apports de Lukacs.

Celui-ci pensait que la réification trouverait ses limites dans la conscience du prolétariat, en tant que critique de la marchandise, alors que l’Ecole de Frankfort dénonce ce concept comme étant une pétition de principe idéaliste la thèse lukacsienne qui considère dans le prolétariat l’identité du sujet et de l’objet permettant ainsi le dépassement de la réification.

Plus tard, Lukács reprend, à partir de Marx, une définition élémentaire de la réification.  Celui-ci désigne le processus cognitif par lequel un être humain est perçu comme une chose. Lukács utilise des éléments issus de l’œuvre de Marx, de Weber, de Simmel, et cela dans « La réification et la conscience du prolétariat », issus de son œuvre maîtresse « 

Il s’agit de l’échange marchand qui, avec l’établissement des sociétés capitalistes, est devenu le mode dominant de l’activité intersubjective.

Avec l’évolution du K, les sujets sont contraints d’inscrire leur rapport à la société dans une relation réifiée.  Des choses dont on peut tirer profit.

On parle ainsi de chosification, lorsque l’objet, le traitement instrumental, lorsque les capacités personnelles sont transformées en élément économiquement profitable.

Il s’agit d’autre chose que d’une simple phénoménologie des changements d’attitudes.

 

Une explication fonctionnaliste intervient : l’extension du K exige  que toutes les sphères de la vie soient investies par le rapport marchand.

Mais il tient compte de l’apport de Weber, qui prétend que l’évolution sociétale amène à une   rationalisation des attitudes, dépassant le traditionalisme.

 

La transformation est vue ainsi du côté simplement objectal.  Et les hommes ?

En fait il y a transformation dans le sens où l’homme est amené à ne plus participer à l’action sociale.  Il devient spectateur, contemplateur non impliqué.

 

Lukács estime qu’avec l’expansion du rapport marchand, les hommes abandonnent leur position de sujets, parce que contraints de se comporter par rapport à la vie sociale en observateurs distanciés.

C’est la quête du profit qui rationalise le comportement.

 

Du fait de la socialisation, le système de comportement réifiant se développe.  Le traitement instrumental d’autrui est un fait social, avant d’être moral.

 

A quoi fait-il référence pour condamner le comportement réifié ?  Y a-t-il une référence normative, idéalisée ?

Pour  Lukács, la référence s’inscrit dans la pratique humaine, et tire sa justification des énoncés de l’ontologie sociale.

 

La question qui se pose ainsi : à quoi pourrait ressembler un rapport pratique au monde qui ne serait pas affecté par la contrainte de la réification ?


  A poursuivre

 

 

 

 

Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE - Publié dans : EN ELABORATION
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Samedi 4 juillet 2009

Lâcher la proie pour l’ombre ou les errances d’une certaine critique

Ce texte de LH est une réponse appropriée à une série de dérapage quant à la compréhension de la crise.  Nous le discutons en ce moment au sein de PI.  Il comporte une cinquantaine de pages.


Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE
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Dimanche 19 avril 2009

Nous vous invitons à participer à la réunion de discussion prochaine, organisée par

Perspective Internationaliste sur le thème :

 

 

 

A propos de l’appel au milieu révolutionnaire

 

QUELLES REPONSES DU MILIEU REVOLUTIONNAIRE FACE AUX CHANGEMENTS DE LA PERIODE ACTUELLE ?

 

 

Cette réunion se déroulera à l’AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11ème

À 15 heures, le samedi 9 mai 2009.

 

PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE

 

 

 

 

PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE

Destryker BP 22

1310 LA HULPE.

BELGIQUE

ippi@skynet.be

 

Notre site : www.internationalist-perspective.org/PI/

Notre blog de discussion : blog ippi (http://ippi.over-blog.com

 

 

 

 

Mise au point : Il est évident que nous n’imposons à personne une démarche de discussion, caractéristique du milieu prolétarien.  Nous pouvons parfaitement comprendre que l’on ne puisse adhérer à cette pratique.

Il y a des années de cela, le CCI affirmait publiquement qu’il n’était pas question de discuter avec PI, mais qu’il lui incombait de le dénoncer, de tout mettre en œuvre pour que PI (groupe qualifié de parasite par le CCI) disparaisse.

 

Nous pris acte de cette position, et il nous a paru logique qu’eu égard à cette orientation, que le CCI ne soit pas présent dans nos réunions de discussion. 

Si le CCI a changé de position, sa présence  est la bienvenue.

Si non, nous demandons que le CCI assume de manière cohérente sa  position en ne participant pas à cette réunion de discussion.

 

Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE - Publié dans : REUNIONS PUBLIQUES
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Jeudi 2 avril 2009

A regarder le monde actuel, nous y voyons un urgent besoin de révolution qui contraste avec une profonde faiblesse des forces révolutionnaires. Certaines de leurs divergences sont importantes. Et pourtant, ces forces révolutionnaires ont aussi des choses essentielles en commun, des positions internationalistes et révolutionnaires qui les séparent de ceux dont le discours contestataire n’est finalement autre qu’un prétexte pour la perpétuation de la forme capitaliste de la valeur. Nous utilisons délibérément le terme de ‘pro-révolutionnaire’, parce que seule l’histoire sera capable de juger si ce que nous faisons, discutons, publions, intervenons, etc. possède un impact révolutionnaire ou non. Nous le voulons très certainement. Mais agissons-nous en conséquence ?

 1- La crise économique actuelle n’est pas juste une baisse conjoncturelle, le résultat d’une avidité débridée. Ce n’est pas une crise du néolibéralisme mais une crise du capitalisme. Elle démontre l’obsolescence historique du capitalisme, le besoin urgent de l’éradiquer dans son essence et de le remplacer par un monde dans lequel la satisfaction des besoins humains constitue la force motrice et non plus le profit, un monde qui n’est plus gouverné par la loi de la valeur, plus divisé en nations, races et religions, dans lequel l’auto-émancipation des exploités fera, pour la première fois, de la liberté individuelle une réalité.

 2- Les conséquences de cette crise sont et seront de plus en plus dévastatrices. Dans ses tentatives désespérées de réduire les coûts pour restaurer son taux de profit, la classe capitaliste inflige un chômage de masse, des coupes de salaires et d’allocations pour les ouvriers, la faim, les maladies et la perte du logement pour tous les déshérités. Pour la même raison, il continue son attaque contre l’environnement. De plus, la crise renforce la voie qui mène à la guerre. Quand les moyens économiques classiques pour l’obtention du profit sont bloqués, l’utilisation de la violence devient de plus en plus tentante, le besoin de dévalorisations au sein du procès d’accumulation engendre des destructions encore plus grandes.

 

3. La seule force capable d’empêcher le capitalisme d’entraîner l’humanité dans les abysses est la révolution internationale de la classe ouvrière. La seule façon pour cette révolution de réussir c’est via le développement de l’auto-organisation collective de la classe ouvrière en lutte ; brisant toutes les divisions que le capitalisme impose sur elle. De cette auto-organisation des luttes émergera l’auto-organisation d’un monde post-capitaliste.

 

4- La crise provoque inévitablement des convulsions sociales. Dans chacune d’elles, des forces contradictoires sont à l’œuvre, il y aura des voies plaidant l’abandon pour arrêter la lutte. Il y aura ceux qui défendront le particularisme de chaque lutte pour la maintenir isolée. Il y aura ceux qui essaieront d’aiguiller la colère envers le capitalisme contre les ouvriers d’autres nationalités, contre les immigrants ou autres boucs émissaires. Mais dans chaque lutte, il y aura aussi le besoin de la pousser en avant, d’emmener le mouvement aussi loin qu’il peut aller ; il y aura des voix pour plaider à l’extension des luttes, à l’unité des exploités, pour une auto-organisation collective, contre le respect des lois et institutions capitalistes. Et, de plus en plus, il y aura clairement des voix disant que le réel ennemi c’est le capitalisme lui-même.

 

5- Ce que seront les résultats de la confrontation de ces forces contradictoires n’est pas prédéterminé. Les pro-révolutionnaires reconnaissent qu’ils sont un facteur de l’équation. La force sociale qui travaille au renversement du capitalisme prend plusieurs formes et ils sont une de celles-ci. Ainsi, ils participent dans les luttes des exploités autant qu’ils peuvent du côté de ceux poussant à élargir le combat.

 

6- Leur clarté théorique peut être un important catalyseur dans le développement de la compréhension, dans toute la classe ouvrière et au-delà, de ce qui est en jeu. Mais pour jouer son rôle, le milieu pro-révolutionnaire doit dépasser sa fragmentation en venant ensemble pour défendre les positions révolutionnaires de base avec une voix forte et claire.

 

7- Il est temps que le milieu pro-révolutionnaire reconnaît ouvertement que l’accélération de la crise capitaliste, dans sa profondeur et son étendue, a considérablement élevé les enjeux. Ceci nécessite de mesurer ses divergences et désaccords en regard de ces responsabilités urgentes de l’heure. Bien sûr, les groupes et cercles dans le milieu révolutionnaires sont profondément divisés, mais si chacun a une volonté de défendre les positions révolutionnaires alors c’est la base pour nous de les mettre en avant ensemble. A la lumière de ces enjeux, il nous faut diffuser nos idées de façon publique et le plus souvent possible au travers de discussions communes, de meetings communs, de prises de position communes et d’interventions. Si le milieu pro-révolutionnaire ne met pas en avant cette perspective, qui le fera ? Qui discutera ouvertement au sein de la classe ouvrière à la fois de la signification historique de ses luttes en regard de cette crise et les implications au cas où la classe dominante imposerait ses choix ?

 

8- Les désaccords théoriques ne constituent pas un obstacle à travailler ensemble, ils font partie des choses courantes de la vie révolutionnaire prolétarienne ; l’obstacle est le sectarisme. Le milieu a un choix crucial à faire. Etre d’accord avec l’appel ci-dessus ne sera qu’une première étape ; nous devons le faire aujourd’hui. Et nous n’avons pas l’éternité pour y réfléchir. Le capitalisme ne va pas mourir par lui-même. Nous sommes décidés à assumer notre contribution.

 Perspective Internationaliste

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Dimanche 18 janvier 2009


Aujourd’hui, la
parole s'est vidée de son contenu. 

Que se passe-t-il lorsque la société ne se reconnaît plus du tout dans ses propres dires ? 

L'idéologie, peut être comprise comme « l'intérêt » déguisé en éthique, est un ensemble de tabous et de mirages, et elle n'est plus efficiente en période de crise.

 

La parole au lieu de nous faire dire le monde comme il va, est devenue une technique de dissimulation.  Elle ne vise plus à donner un pouvoir sur les choses, mais sur les êtres. 

Elle cherche à restaurer la maîtrise d'un petit nombre d'individus sur tous.  Le monde se travestit-il ?  Ou bien sommes-nous un symbole du monde ? 

Le langage institue ce questionnement dans lequel nous baignons, et sans lequel il ne saurait y avoir pour ni de même (nous-mêmes) ni d'autre (le monde).

 

Il existe aussi un réel social, imposé par les hommes, développant un interdit fondamental qui est celui de la remise en cause de la propriété privée.

Il y a historiquement une tentative d’appréhender ce réel social et de contrer la loi qui instaure le respect de la propriété privée.  Le jeu de l’idéologisation permet, par l’inscription dans le social de maintenir le rapport social propre à la valorisation du capital.

 

La non reconnaissance sociale de l’être de l’homme est occultée par l’utilisation de l’imaginaire, par l’idéologisation, qui permet de ne pas penser le réel, qui permet d’entrevoir le paradis différemment de ce réel impossible à dire.

Il s’agit d’un processus historique qui tient compte dialectiquement de la représentation de l’humain forgé en fonction du développement des forces productives. (Les diverses représentations historiques de l’homme et les formes prises par la transmission).  L’homme véhicule une aspiration à savoir non satisfaite.  La métaphore du paradis terrestre est claire : pour avoir voulu savoir, l’homme est chassé du paradis.  Il y a interdiction originelle de connaître le réel.  Ceci va obliger l’homme à élaborer un savoir à partir de connaissances éparses d’abord, multiples ensuite, contradictoires enfin.  Les réponses qui sont données aujourd’hui sont manifestement insatisfaisantes. 

Dans L’Idéologie allemande[1], Marx résume parfaitement la question de la survie de l’homme : au tout début, les hommes ont trouvé les conditions favorables à leur développement.  En produisant leurs moyens d’existence, ils transforment la nature et se transforment eux-mêmes.  La science permet  ainsi d’expliquer et de comprendre le fonctionnement de la nature, du monde d’abord, englobant petit à petit les relations créées par la vie de l’homme lui même.

 

 

S’agit-il d’une utopie ?

Les utopistes ne se contentent pas de prendre conscience de ce qui, dans la réalité, leur déplaît; ils tentent d'imaginer une autre réalité qui leur serait plus acceptable. Ce faisant ils sont le fer de lance de l'évolution.

L'Utopie n'est jamais une solution de rechange toute faite; au mieux, c'est une «expérience de pensée» qui permet de prévoir les conséquences de telle ou telle réforme; ce peut être aussi un pur rêve déconnecté de la réalité. C'est une fiction, plus simple que la réalité.
Marx était un utopiste, les politiciens qui s'en sont ultérieurement inspirés n'ont pas réussi à créer le paradis des prolétaires, à supposer qu'ils l'aient cherché. Les anti-marxistes, en revanche, ne cherchent aucunement à créer quelque paradis que ce soit...

Par opposition, on peut considérer les soumis à l'ordre établi, les  résignés, les conservateurs stricts, qui sont par nature opposés à toute évolution.
Mais une seule chose compte : développer l’humanité, la laisser se déployer, dans le respect de chaque être, vers ce qu’il offre à la fois de transparence et d’opacité, dans la singularité de son histoire.

 

On peut s’interroger sur les faits, les événements qui ont permis ce développement.

On peut faire la distinction entre collectif qui concerne le système de production, de distribution, de consommation, en un mot le collectivisme, et la communauté qui corrige la prépondérance de l’organisationnel, de l’administratif au profit du politique innovant.  Il s’agit de privilégier la rencontre, ce qui relève de l’éthique, d’une dimension inconsciente, avec le désir d’y être sans le savoir.

L’utopie, c’est un non lieu proposant une société harmonieuse garantissant le bonheur des hommes.  Modèle totalitaire et aliénant reposant sur une morale formalisée autour de 4 idéaux :

·         Reproduction / abstinence

·         Travail obligatoire

·         Collectivisme

·         obéissance

Les rapports entre les gens sont transformés ainsi en rapports objectivés entre choses.

Il s’agit de réaliser la séparation absolue du vivant objetisé du parlant ouvrant la porte au sujet.  On peut ainsi poser la question de l’éthique, à savoir celle de la structure autour de laquelle s’articule le projet communiste.  Quel est le rapport de l’imaginaire au réel dans la recherche d’une société désaliénée.

On en revient ainsi à poser la question de la parole de l’humain.  Interdisant le meurtre, l’inceste qui laisse place au désir,  à la signification de la limite par rapport à l’Autre.

Le projet communiste fait apparaître la question du respect d’organiser la cité autour de la reconnaissance de la pluralité des singularités.

 

Comment comprendre les changements de manière différente ?

L’enjeu de la compréhension  n’est pas une donnée à connaître, mais une tâche historique : il s’agit d’envisager ce qui relie l’histoire passée, les réalités actuelles et les virtualités futures. 

Il importe de reconnaître la primauté de la confrontation dans l’élaboration de la pensée, mouvement dialectique, qui partant de la relation de diverses expériences, débouche sur de nouvelles expériences pratiques demandant à être théorisées.  Ce qui permet de développer une vision plus élaborée de la réalité contradictoire analysée.  Tout le mouvement d’élaboration théorique repose sur la possibilité d’analyses contradictoires, formulations qui peuvent être remises en question par la pratique. 

La pensée dominante se ramène souvent à présenter le monde comme fonctionnant avec des « lois naturelles, avec une rationalité extérieure à l’homme, monde qui serait incapable d’être influencé par l’individu.  Et on se retrouve en général en présence de visions contemplatives, fatalistes.

Les systèmes explicatifs qui sont proposés ainsi réduisent l’action possible de l’homme à l’utilisation de technologies au profit de buts parcellaires, à l’utilisation de préceptes moralisateurs, en guise d’éthique, proposant une vision normative de l’intervention de l’homme, relevant de l’école kantienne, reléguant l’action de l’homme à l’impuissance.

 



[1] MARX, K. – ENGELS, F.  (1972).   L’idéologie allemande.  Paris.  Editions Sociales  A583

 

Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE - Publié dans : EN ELABORATION
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