Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 19:00

Exposé de la réunion publique de PI à Paris, décembre 2011.

 

La période présente est caractérisée par une accentuation de la confrontation entre le fonctionnement économique et politique imposé par le MPC et les réactions de contestation et d’opposition à ce fonctionnement.

Depuis 2008, la crise économique a connu un approfondissement très net, dévoilant de plus en plus les mécanismes et les perspectives destructrices globales du capitalisme mondial. Les contradictions internes au système ne cessent de produire leurs effets et ce sont maintenant des pans entiers d’Etats qui s’effondrent. Cette situation est inédite. C’est la fin de l’illusion du « welfare state » et le règne de l’attaque brutale et généralisée au travers des plans d’austérité.

Pour P.I., il n’y a pas de lien automatique entre les effets de la crise économique et le développement de la lutte, entre le développement de la lutte et le développement de la conscience de classe. Néanmoins, l’accentuation de la crise mondiale a quand même provoqué une accentuation des mouvements de contestation. Ceci revient à confirmer ce que nous avons souligné dans plusieurs numéros récents de PI : le fait que cette situation de tension vient questionner d’une façon plus fondamentale les enjeux historiques généraux : l’avenir du capitalisme, les perspectives pour la survie de la planète et de l’humanité, les perspectives économiques et politiques globales dans ce monde dominé de plus en plus ouvertement par les violences en tous genres.

Les oppositions aux manifestations de la crise, le questionnement à propos du fonctionnement du système se sont exprimés à travers des grèves et manifestations mais aussi sous des formes inédites et on peut penser ici aux mouvements qui ont animés le « printemps arabe », les mouvements des « indignés », et les mouvements « occupy ».

Face à cette diversité d’expressions, nous avons à nous poser deux questions :

  1. celle de la nature de classe de ces réactions : s’agit-il de réactions prolétariennes ;
  2. et celle des potentialités contenues dans ces expressions diverses.

Et les deux questions ne sont pas nécessairement liées, ce qui témoigne de la complexité de la situation actuelle. Ainsi, les transformations dont nous devons tenir compte, dans l’appréciation des mouvements d’opposition, est la recomposition du prolétariat et  l’existence de masses d’exclus « définitifs » du système.

Nous l’avons déjà souligné, ces exclus ne constituent plus l’armée de réserve de chômeurs qui seront réintégrés dans le circuit du travail mais existent désormais en tant que masse marginalisée, vivant souvent dans une sorte d’économie parallèle. Face à cette diversité et à cette complexité, nous devons  nous poser la question davantage en terme de dynamique des mouvements et requestionner les critères que nous utilisons pour comprendre et caractériser la nature de classe de ces diverses expressions d’opposition.

Par exemple,  pour être prolétarien, un mouvement doit-il constituer une rupture, une remise en cause de la loi de la valeur, se passer en-dehors des syndicats, se dégager consciemment du fonctionnement capitaliste ?...

Cette question de la dynamique et des critères devraient trouver une place importante dans notre débat de cet après-midi parce qu’elles me semblent fondamentales. La question revient d’ailleurs sur le tapis régulièrement : au travers des mouvements des jeunes de banlieues, des émeutes de la faim en Afrique, des pillages londoniens de l’été. Il y a là une vraie question de compréhension pour le milieu révolutionnaire.

Parce qu’après la question de comment comprendre les mouvements vient celle qu’avons-nous à soutenir, qu’avons-nous à dénoncer ?

La première expression de résistance aux effets de la crise a été constituée par la poursuite des mouvements de grèves et manifestations prolétariennes. Ce sont des mouvements qui touchent tous les continents, des réactions contre les bas salaires, les pertes d’emplois, la vie chère, l’absence de logements, etc. bref, des mouvements de réaction à l’exploitation capitaliste.

  1. Au passage, il faut souligner la constance des mouvements qui se déroulent en Chine. D’une part, ces mouvements sont quasi permanents, souvent très violents, massifs et y ont remis en cause certaines facettes de l’exploitation capitaliste. Ainsi, la classe dominante chinoise s’est vue contrainte de réévaluer les salaires globaux et d’alléger quelque peu la pression énorme exercée sur les travailleurs. Ceci est extrêmement important non pas tant pour les travailleurs eux-mêmes que pour les capitalistes. Nous savons que la croissance effrénée de l’économie chinoise se fait essentiellement sur les bas salaires et le nombre d’heures hebdomadaires de travail. Les mouvements de classe incessants ainsi que l’allègement de la pression directe sur le prolétariat ont donc un impact négatif direct sur les profits des entreprises en Chine, et donc, sur ce pays qui représente un tel moteur pour l’économie mondialisée. Un autre aspect réside dans la prise de confiance en la force collective que ces petits résultats confèrent au prolétariat chinois.
  2. D’autre part, de très nombreux mouvements de grève et de protestation se sont déroulés dans les pays européens en réaction aux plans d’austérité drastiques que les Etats se voient contraints de prendre pour tenter de juguler la crise de la dette et le risque de faillites. Là aussi, ce qui est nouveau, c’est la perspective : alors qu’il n’y a pas si longtemps, on parlait encore du « wellfare state » et que les conflits sociaux opposaient les travailleurs aux patrons, les conflits qui se déroulent aujourd’hui opposent désormais  des travailleurs à leur Etat voire même, à une politique européenne globale. Et même si ces mouvements sont porteurs de l’illusion qu’avec « une autre gestion », une sortie de la zone euro, ça irait mieux, ils s’inscrivent tout de même dans une dynamique beaucoup plus généralisée et donc, potentiellement plus unificatrice. Il y a également une potentialité de perte d’illusion par rapport au système capitaliste lui-même : les « perles » de l’économie mondiale, les fleurons du monde économique « riche » sont en perte de vitesse et confrontés aux même tourments que les Etats des pays « émergents ». L’économie américaine bat de l’aile, les Etats européens ne peuvent plus rembourser leurs dettes et sont au bord de la faillite… Triste image que le capitalisme nous donne là !

C’est dans ce cadre de plans d’austérité qu’on a vu apparaître, sur la scène de la contestation, les « jeunes »…

Jeunes prolétaires, jeunes étudiants, jeunes grecs, français ou londoniens, ceux qu’on disait élevés dans l’égoïsme individuel et l’immédiateté se battent aujourd’hui avec les armes de leurs parents, de façon collective, parfois avec un souci d’auto-organisation, contre des mesures précises qui attaquent leur quotidien mais aussi, de manière générale,  leur avenir dans cette société. Il est clair que ceci participe de façon très importante au questionnement global et à l’interpellation de la perspective qu’offre le système actuel et représente donc une potentialité par rapport au développement de la conscience politique. De plus, nous avons suffisamment insisté sur la notion d’expérience de lutte et des traces que laissent ces expériences.

Nous avons souvent souligné la coupure historique qui existe entre la tradition de lutte de « l’ancienne classe ouvrière » et le prolétariat recomposé d’aujourd’hui. Les mouvements de révoltes de la génération du futur représente ainsi un lien possible entre des formes d’organisation « classique » (les AG, la redécouverte des écrits politiques) et les « nouvelles formes de luttes » avec l’utilisation des technologies modernes et les nouvelles formes d’organisation du travail.

Les émeutes de la faim et les pillages deviennent courants. Cette forme de rupture sociale mérite à plus d’un titre qu’on s’y arrête.

  1. D’une part, elle va se développer dans le futur avec l’accroissement de la paupérisation et l’existence de masses d’exclus permanents du système de production.
  2. D’autre part, elle pose la question de l’appréciation de son contenu à chaque fois (un pillage n’étant pas l’autre !) ainsi que de sa reliaison possible avec des mouvements de classe. Par exemple, je pense que nous devons faire une distinction entre des émeutes de la faim qui s’approprient des denrées de subsistance dans une dynamique collective, et des actions de destructions.

Là aussi, il me semble que la dynamique interne au mouvement constitue un élément fondamental dans l’appréciation du mouvement : s’agit-il d’une dynamique de révolte contre la pauvreté, contre le système et ses représentants ou s’agit-il d’expressions destructrices qui manifestent le désespoir et l’absence de perspectives ? Ainsi,  les mouvements de classe s’inscrivent dans une démarche de solidarité et de collectivité. Malgré leurs illusions, leurs errances… elles s’inscrivent, à terme, dans une perspective potentielle de changement. Et j’ai envie de citer Merleau-Ponty (les aventures de la dialectique) :

« Quand nous disons que la fin justifie les moyens, il en résulte pour nous que la grande fin révolutionnaire repousse de ses moyens les procédés et les méthodes indignes qui dressent une partie de la classe ouvrière contre les autres (…) »[i] (…) « Chaque acte révolutionnaire est efficace non seulement par ce qu’il fait, mais par ce qu’il donne à penser».[ii]

On ne peut pas parler de l’agitation sociale sans revenir brièvement sur les mouvements du « printemps arabe ». Non pour reprendre tout l’historique – ça a déjà fait l’objet de discussions ici – mais pour voir ce qu’ils deviennent. Il est clair que ces mouvements ont constitué une formidable expérience de lutte collective, ont permis à leurs participants de sentir ce qu’est un rapport de force et le pouvoir de l’action de masse dans un tel affrontement. Ces mouvements avaient mélangés des oppositions prolétariennes (contre la vie chère, le chômage…) et des revendications réformistes (démocratie…).

Aujourd’hui, après l’euphorie de la « victoire » vient l’amertume de la désillusion. L’armée égyptienne n’est plus l’alliée du peuple mais bien la force coercitive garantissant la sauvegarde de la classe dominante et la pérennité du fonctionnement social ; la situation économique est toujours aussi dure et le quotidien de la majorité de la population n’a pas changé.

Nous avions déjà souligné qu’en tant que tel, ces mouvements ne pouvaient pas mener à une opposition consciente au MPC. En l’absence d’une liaison avec des mouvements de classe de grande ampleur, le mélange de revendications de classe (contre la vie chère, etc.) et de revendications réformistes risquaient de maintenir la dynamique de contestation de ces mouvements dans le cadre de la logique du fonctionnement du système. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui : ceux qui ne croient guère dans les réformes se sont lancés dans l’immigration ; ceux qui croient encore dans les réformes se sont rendus massivement aux urnes. On peut faire l’hypothèse que le choix des fractions islamistes s’explique par les espoirs de changements placés dans des partis offrant l’image de partis « moins corrompus » et « proches du peuple ». Nous connaissons le travail d’encadrement social effectué traditionnellement par les organisations islamistes. D’une certaine manière, elles prennent en charge la fonction de maillage social qui n’est pas assumée par les Etats.

Mais il serait imprudent de tirer un trait définitif et désabusé sur ces mouvements du « printemps arabe ». L’expérience de lutte qu’ils ont constitué, les espoirs de changements dont ils étaient porteurs, la complexité de leur dynamique pourraient se relier à d’éventuels mouvements de classe futurs. Parce qu’on peut bien imaginer que la situation économique va poursuivre ses ravages et que des revendications prolétariennes dirigées plus directement contre les effets de cette crise et de l’exploitation émergent à cette occasion. Mais ce ne sont ici qu’hypothèses…

Parmi les mouvements de protestation plus inédits, nous trouvons les mouvements des « indignés » et « occupy ».

Ce qui me semble important, c’est de relier le courant des « indignés » aux mouvements du « printemps arabe ». Il faut relever, au passage, que ce mouvement « indignés » est né dans un pays qui a déjà fait l’expérience de la démocratie après la dictature, se trouvant, ainsi, un pas plus loin que les pays du « printemps arabe ». On a vu coexister, dans ces mouvements « d’indignés », des illusions à propos de la « vraie » démocratie, mais aussi une dynamique de refus du fonctionnement économique et social actuel, un questionnement sur comment se réapproprier ce terrain de la vie sociale et politique, comment changer les choses, le tout dans une pratique de discussion collective. Et je pense que ce sont ces éléments positifs là que nous devons pointer. Non pour nous enthousiasmer naïvement, mais parce que ces mouvements s’inscrivent sur la toile de fond d’un courant global beaucoup plus profond. Ainsi, ne voir que les illusions en une démocratie « plus juste, participative… » ; n’y voir que l’expression d’une petite-bourgeoisie frustrée, serait passer à côté de ces potentialités fondamentales d’un questionnement de fond sur les perspectives offertes par le capitalisme.

Les « indignés » ont repris une dynamique de contestation contenue déjà en germes dans le « printemps arabe » et ont développé davantage une opposition au système et ont ouvert un questionnement sociétal. Il est clair qu’il n’y a pas de généralisation organisée de cette contestation. Par contre, les choses se sont passées dans une sorte de contagion entre pays. Le mouvement « indignés » est parti d’Espagne et a circulé dans plusieurs pays d’Europe et jusqu’en Israël.

De même, les mouvements « occupy » ont porté la même dynamique de contestation et d’auto-organisation. Partis de New York, ils se sont répandus dans d’autres villes, entre autres, au Canada et à Londres.

Ce qui est à retenir de ces différentes expressions inédites est le questionnement qu’elles véhiculent. Il n’est donc pas question d’encenser ces mouvements, de nier les illusions qu’ils contiennent. Mais le questionnement constitue un élément fondamental du processus de prise de conscience du prolétariat. Regard et réflexion sur le monde, sur la place que notre classe y occupe, sur les perspectives destructrices que le système capitaliste, comme rapport social global, offre aux humains. C’est cette dynamique que nous avons à comprendre, à soutenir et à replacer dans une perspective historique. Et j’ai envie de citer Lukacs :

 « Le même processus qui, vu du côté de la bourgeoisie, apparaît comme un processus de désagrégation, comme une crise permanente, est pour le prolétariat, à vrai dire sous forme de crises également, une accumulation des forces, le tremplin vers la victoire. Sur le plan idéologique, cela veut dire que cette même compréhension croissante de l’essence de la société, où se reflète la lente agonie de la bourgeoisie, apporte au prolétariat un continuel accroissement de puissance. »[iii]

Le fait que ce questionnement s’accompagne d’illusions, de réponses réformistes me semble refléter le fait que le développement de la conscience politique est un processus. C’est-à-dire, une dynamique globale, hétérogène, inégale. La clarté ne pourra émerger que de cette confusion, que des expériences de confrontation avec la classe dominante et avec les pièges de son idéologie, nous le savons.

Et, précisément, la réaction de la classe dominante à ces divers mouvements s’est déployée sur trois plans : l’encadrement, la volonté de balayer ces expressions avec les opérations de police, la récupération des aspirations dans des réponses comme le G 1000.

Et ce travail effectué par les fractions diverses de la classe dominante rend encore plus nécessaire notre propre travail de soutien à la dynamique de questionnement et de rupture qui s’exprime actuellement.



[i] « Les aventures de la dialectique » Maurice Merleau-Ponty p. 109 – Gallimard 1955

[ii]  Idem p. 109

[iii] « Histoire et conscience de classe » Georg Lukacs – p 95 – Ed. de Minuit 1960

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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 10:59

Ce jeudi 22 décembre 2011, il y a grève générale dans les services publics, ici en Belgique.  Comme certains travailleurs l’ont constaté, « si en Belgique, le gouvernement a mis plus d’une année pour être formé (541 jours), par contre il lui a suffit de deux semaines pour pondre des mesures d’austérité » sous la houlette d’un premier ministre « socialiste ».  

Les Syndicats préparent la réaction…En fait ils prévoient une « grève générale » pour le 31 janvier…

Manifestement, la « base » exprime un réel mécontentement, à tel point que les cheminots ont débrayé spontanément mercredi, paralysant une bonne partie de la Wallonie.  

En Wallonie, la grève est largement suivie.  Même les magistrats ont fait grève.  En Flandre, le clivage « linguistique » ne s’est pas fait sentir : Anvers, le Limbourg, le brabant flamand ont été paralysés.  Les syndicats se sont efforcés de mettre un terme au mouvement, même si à Charleroi, le mouvement de grève semble vouloir se poursuivre dans les transports régionaux.

Un acte tout symbolique a été accompli par quelques militants, jeudi midi : ils ont accrochés des banderoles bleues au fronton du siège du PS, pour dénoncer la politique « libérale » du PS.

Mais le gouvernement n’est pas plus assuré.  Si au départ, il annonçait une série de mesures réorganisant le régime des retraite des travailleurs, les diverses interventions médiatisées des Ministres essayent de calmer les esprits.   Le gouvernement promet des négociations après le vote à la Chambre : ce vote est intervenu la nuit du jeudi au vendredi.  Les socialistes ont donc accepté cette réforme des pensions.

Ce vote bafoue la « légalité bourgeoise » : normalement, une loi doit être soumise à la commission adéquate, avec suffisamment de temps pour débattre.  Tout a été bâclé.  Le Conseil d’Etat, qui est le garant de la légalité et de la constitutionnalité des démarches parlementaires a réagi.  Mais manifestement, il n’a pas été suivi.

Comme nous l’avons mis en évidence, samedi à la RP de PI, quelque chose a changé, ici dans le Royaume.

Même si le scénario des grèves de 60-61 n’entre pas en jeu, pour la bourgeoisie, elle reste également un souvenir pénible.  

Aujourd’hui, ce qui est mis « en cause », c’est la « concertation sociale » à la belge.  Le 1er Ministre ne parle pas des mesures, mais bien de « concertation sociale »,  et Monsieur Di Rupo de rappeler que « les grèves ne facilitent pas le dialogue social ».  Et les syndicats emboîtent le pas : que ce soit du côté FGTB, ou CSC, ils insistent sur le fait qu’un « espace de concertation » existe encore et ils invitent les travailleurs à la grève générale du 31 janvier.

FD

Les jaunes travaillent

“Je regrette pour les voyageurs parce qu’ils sont un peu surpris. Moi, je ne suis pas surpris parce que j’avais eu des échos de ce qui se préparait hier. J’ai essayé de tempérer les gens et de leur dire qu’on faisait grève tous ensemble le jeudi parce qu’il est toujours mieux de prévenir les gens…”, a déclaré Léopold Duplat, permanent CGSP Tournai joint ce matin par Miri Huys pour Bel RTL. À la question de savoir s’il soutenait cette grève, le délégué syndical s’est montré particulièrement évasif, lisez plutôt : “C’est une question problématique avec les instances syndicales… On ne va pas dire… On reconnaît que c’était indispensable de faire grève… C’est dommage que ça arrive comme ça”, a-t-il tenté d’expliquer. (…)

Leur presse (RTL.be), 20 décembre 2011.

 

 

 

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:49

 

Nous avons lu, nous avons aimé :

 

"KORSCH Karl : Notes sur l’histoire (1942)" Editions SMOLNY, 2011

ISBN : 978-2-9528276-2-1

 

Ce volume comporte deux articles du philosophe et révolutionnaire allemand Karl Korsch (1886-1961) : "The World Historians" et "Notes sur l'Histoire : Les ambiguités des idéologies totalitaires". Ces textes témoignent de la pertinence de sa réflexion sur ce que nous appellerions aujourd’hui l’« Histoire globale ». Appliquant son principe d'historicisation à l’histoire elle-même, Korsch analyse en matérialiste l’évolution qu’il constate dans les « sciences historiques ». Cet essai présente le basculement théorique d’une Histoire à visée universelle vers de nouvelles formes (institutionnalisées dans leurs versions démocratiques aussi bien que totalitaires) qui ne parviennent pas pour autant à rendre pleinement compte d’un processus historique qui, pour être « global », n’en reste pas moins « partie intégrante d’une structure de société donnée ». Ce volume de 117p. introduit par Charles Reeves, et se clôturant par un texte de Serge Bricianer : "Karl Korsch : Un cheminement politique", constitue une bonne introduction, ou un bon complément à la lecture des autres livres de Korsch

 

  KORSCH

 

("Marxisme et Philosophie", "Karl Marx"). Lisez-le, partagez-le, et commandez-le (10 euros) aux Editions Smolny (Règlement par chèque uniquement, à l’ordre de : 

  

 

SMOLNY 

43, rue de Bayard 
31 000 TOULOUSE

 

 

 

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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 09:04

Près de deux milliards de personnes sur cette planète sont au chômage parce que le capitalisme n'a pas besoin d'eux. Des centaines de millions de personnes vivent dans des bidonvilles, car il n’est pas rentable de construire de maisons décentes pour eux. Des millions de personnes meurent de faim chaque jour, car ce n'est pas rentable de les nourrir. Tout le monde sait que notre planète est en danger et pourtant le capitalisme continue à la détruire dans sa chasse désespérée pour le profit. 

La productivité n'a jamais été aussi élevée, mais la pauvreté augmente. Le savoir-faire et les ressources sont là pour que chaque habitant de cette planète ait une vie décente, mais ce ne serait pas rentable. L’abondance est devenue possible, mais le capitalisme ne peut pas gérer l'abondance. Il a besoin de rareté. L’abondance dans le capitalisme signifie la surproduction, les crises, la misère. C'est insensé. Elle doit cesser.

Partout les gens élèvent la voix pour protester contre un système qui produit une misère croissante pour la majorité, et une richesse démesurée pour une minorité.

La vérité est que l’injustice, la distribution injuste de la richesse, fait partie intégrante du système et ne peut en être extirpée. Elle ne fera qu’empirer à mesure que le capitalisme sombre dans la crise, pour laquelle il n’y a pas d’issue (injecter davantage d’argent dans l’économie ou économiser : ils sont foutus s’ils le font, et foutus s’ils ne le font pas).

La « redistribution de la richesse » est une revendication inachevée qui ne va nulle part si elle n’est pas poussée plus loin. Comme le disait un slogan de Mai ’68 : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ». L’impossible à l’intérieur du capitalisme, évidemment. Bien qu’il y ait un certain nombre de capitalistes qui profitent de la crise, de manière générale le capitalisme en souffre également, parce qu’il y a moins de richesse à redistribuer.

Mais qu’est ce que la richesse ? Dans cette société, les biens et les services sont équivalents à de l’argent, à la valeur abstraite qui peut être amassée, possédée indéfiniment, ou, lorsqu’elle ne trouve pas d’acheteur, qui peut être gaspillée. L’argent, la valeur abstraite, décide donc ce qui peut être produit et ce qui ne le peut pas. Ca, c’est la logique dont nous devons sortir. Nous devons abandonner l’idée que la richesse c’est l’argent, que le travail est le travail salarié et commencer à voir la production de biens et de services comme des choses que nous pouvons créer les uns pour les autres. Nous devons réaliser que lorsque nous sommes ensemble nous pouvons utiliser les forces créatives dont dispose l’humanité pour créer de la technologie, des logements, de la nourriture, des transports, de l’art et beaucoup d’autres choses pour tout un chacun parce que le besoin est là, au lieu de produire pour le profit. Débarrassons-nous non seulement de Wall Street, de la Bourse, mais de tout le système exploitation-pour-l’argent.

Cette perspective peut paraître utopique à beaucoup aujourd’hui, mais elle deviendra de plus en plus réaliste à mesure que s’approfondit la crise du capitalisme.

 

PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE 

http://internationalist-perspective.org.  Notre Blog : http://ippi.over-blog.com/     

François  DESTRYKER. BP 22 1310 LA HULPE 

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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 08:55

La critique que fait RGF à PI, l’accusant d’une “raison humaniste et universalisme interclassiste”, d’une incompréhension de la réalité proletarienne, d’une incapacité à comprendre la conception matérialiste de la théorie de la lutte de classe, d’un enthousiasme pour les idéologies des “classes moyennes” ou de l’ “aristocratie ouvrière”, est elle-même située sur un terrain ideologique en-dessous du marxisme.

A mon avis la catégorie la plus importante de Marx est l’historicité; ça c’est le veritable centre de sa méthode: “Nous ne connaissons qu’une seule science, celle de l’histoire.” (l’Ideologie allemande)

 

L’histoire au sein de la nature, l’histoire des modes de productions, l’histoire au sein d’un mode de production spécifique, par exemple le mpc, des étapes dans son dévelopment, dans les modes de subsomption du travail au capital et dans la physionomie de la classe ouvrière. Le problème est l’absence de l’historicité dans la theorie de RGF, ou du moins dans son analyse du mode de production capitaliste (mpc). Sa vision du mpc est statique, figée, gelée. Il n’y a pas de processus dans la trajectoire du capitalisme. Au contraire, il y a la tendance a pérenniser les données immediates comme si on était encore en 1847 ou peut-être en 1917; il y a une série d’ invariances dans RGF: invariance des textes du marxisme; invariance du capital et ses modes d’extraction de plusvalue et d’accumulation; invariance du proletariat, qui semble resté pour RGF exclusivement les cols bleu dans les grande usines industrielles, qui produisent, chacun individuellement, de la plus-value.

 

Sur les textes du marxisme: est-il possible aujourd’hui de lire la Dialectique de la nature d’Engels comme autre chose qu’un exemple du matérialisme rudimentaire et mécanique qui caractérisait la Deuxième Internationale et puis le Stalinisme? Est-il possible de lire Materialisme et Empirio-criticisme de Lénine, avec sa theorie rudimentaire sur la connaissance comme simple reflet du monde extérieur dans le cerveau de l’individu, comme si un être humain était une caméra, et ne pas voir comme théorie comme une répudiation implicite des  Theses sur Feuerbach de Marx?   

 

 Et qu’en est-il des textes de Marx lui-meme? Aujourd’hui nous savons, grâce a la publication des propres manuscrits de Marx pour le Capital, et surtout des vastes manuscrits de 1861-1863 du premier volume de Capital, que le texte, à l’insistance d’Engels, a été raccourci et vulgarisé avant sa publication, et que l’édition de 1867 était à nouveau modifiée et vulgarisée avant que ne soit publiée la version que des  générations de révolutionnaires ont lue. Ces manuscripts contiennent des elements cruciaux qui anticipent la trajectoire actuelle du mpc, et démontrent son caractère de processus. Ces mêmes manuscripts de Marx rélèvent les modifications profondes dans l’extraction de la plus-value de l’ouvrier collectif, et des nouveaux modes d’accumulation sur l’échelle planétaire. Ni la mondialisation, ni le rôle du capital fictif et du secteur financier, ne sont réductibles à l’imperialisme de la conception léniniste, avec sa théorie de l’aristocratie ouvrière, ni au capital financier de Hilferding ou de Boukharine. Toutes ces theories sont dépassées; leur place est au musée des antiquités.

 

Mais le plus grande faiblesse théorique de RGF, à mon avis, est sa conception de la classe ouvrière, comme elle était encore au dix-neuvième siècle, statique dans son existence sociale. Où est l’ouvrier collectif des manuscripts de Marx ? L’ouvrier collectif qui produit la valeur collectivement, qui est la source de plus-value, du travail abstrait. Cet ouvrier collectif se trouve dans les usines et dans les bureaux, mais aussi dans les bidonvilles, lorsqu’il est devenu superflu pour les besoins du capital. Cet ouvrier collectif est absent dans la théorie de RGF, ou bien il en situe une partie significative dans ‘les classes moyennes’. Quelle contribution ces “théoriciens” peuvent-ils apporter à la résistance de l’ouvrier collectif contre l’austerité brutale capitaliste en cours, quand ils considèrent que ces prolétaires ne sont pas une partie de la classe, mais une distraction que les “vrais” marxistes dédaignent?

 

                                                       Mac Intosh 

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REUNIONS PUBLIQUES

Perspective Internationaliste tient régulièrement des réunions de discussion, partie intégrante de son travail de stimulation d'un réel débat et d'une discussion autour des questions vitales auxquelles sont confrontés les révolutionnaires et la classe ouvrière. Pour des renseignements concernant la prochaine réunion, écrire aux adresses locales. Des réunions sont organisées à Bruxelles, Paris, New-York.

 

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PROCHAINE REUNION

Réunion publique de discussion organisée par

Perspective Internationaliste.

 

Cette réunion se déroulera à l’AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11ème,, à 15 heures, le samedi 17 décembre 2011

 

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, INDIGNEZ-VOUS !!!

 

On ne va pas égrener la liste des conflits sociaux qui se sont déroulés cette année. D’une part, cette liste serait trop longue, trop fastidieuse mais surtout, nous avons à effectuer un autre travail : celui de tenter de faire une analyse des différents courants, des différentes dynamiques à l’œuvre dans ces réactions de protestations, de tenter de les replacer dans un contexte et dans la perspective historique en voyant de quelle manière elles contribuent ou non au développement d’une conscience politique prolétarienne.

QUI SOMMES NOUS ?

 

Perspective Internationaliste est une publication qui défend le Marxisme en tant que théorie vivante, capable d’aller à ses sources, de les critiquer, et de les développer au fur et à mesure de la trajectoire sociale historique. Dans cette optique,  Perspective Internationaliste se basant  sur les avancées théoriques de la Gauche Communiste, pense que sa tâche principale est d’aller au-delà des insuffisances et des faiblesses de la Gauche Communiste par un effort incessant de développement théorique. PI ne pense pas que cette tâche lui revient à lui seul, mais plutôt qu’elle ne peut être accomplie que grâce au débat et discussions avec tous les révolutionnaires. Cette vision conditionne la clarté de sa contribution à la lutte et au développement de la conscience de classe du prolétariat. PI n’a pas pour but d’apporter à la classe un programme politique achevé, mais plutôt de participer au processus général de clarification qui se produit au sein de la classe ouvrière.

 

Le capitalisme est un produit transitoire de l’histoire, et non sa finalité. Il est né en réponse à des conditions qui n’existent désormais plus : l’inévitable pénurie, la force de travail comme seule source de richesse sociale. Le capitalisme a fait de la force de travail une marchandise pour s’approprier la différence entre sa valeur et la valeur qu’elle crée. Pendant des siècles, cette recherche de la plus-value a permis une harmonie relative entre le développement de la société et l’accumulation capitaliste. Il a alors donné naissance à un nouveau processus de production, la domination réelle du capital, dans laquelle ce n’est plus la force de travail, mais la machine qui est au centre de la production.  La science et la technologie, mises en mouvement et contrôlées   par le travailleur collectif, deviennent la source première de la création de la richesse sociale. L’énorme productivité déclenchée par ce processus permet au capitalisme de croître à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur.  Il s’est étendu à toute la planète et a absorbé toutes les sphères de la société – y inclus les syndicats et les partis de masse qui sont surgis de la lutte de la clase ouvrière.  

 

La pénurie n’est désormais plus inévitable, mais cette situation, au lieu de libérer l’humanité du besoin, condamne le capitalisme à la surproduction. La création de richesse n’est désormais plus dépendante de l’exploitation de la force de travail mais ceci plonge le capitalisme, prisonnier de la loi de la valeur, dans une crise du profit. Ces obstacles à l’accumulation forcent le capitalisme à augmenter l’exploitation du travail et à faire de la place pour une nouvelle expansion par le biais de l’auto-destruction,  de la dévalorisation massive de capital dans la crise et la guerre. Le capitalisme entre dans sa phase de décadence lorsqu’une telle destruction cannibalistique fait partie intégrante de son cycle d’accumulation. Il est décadent, non pas parce qu’il ne connaît plus de croissance – il s’est énormément développé et a profondément modifié la composition des classes sociales et les conditions dans lesquelles elles luttent -, mais en raison de cette croissance, de sa recherche avide de profit, du fait qu’il est devenu auto-destructeur.  Il est décadent parce qu’il est obligé de lancer des centaines de millions d’êtres humains dans le chômage et la pauvreté parce qu’il ne peut en extraire du profit ; à cause de la productivité qui pourrait rencontrer tous les besoins. Il est décadent parce que son besoin de dévalorisation le conduit irrémédiablement  à la guerre et à la violence incessantes. Le capitalisme ne peut être réformé ; il ne peut être humanisé. Lutter à l’intérieur du système est illusoire : le capitalisme doit être détruit.

 

Le capitalisme est aussi décadent parce qu’il a généré les conditions pour son propre remplacement par une nouvelle société. La science et la technologie, accouplées à la loi de la valeur, et à sa marchandisation de toute la vie, ne sont pas libératrices en elles-mêmes. Mais la classe ouvrière en mouvement, est, par sa condition même à l’intérieur du capitalisme, forcée à se libérer de l’aliénation auquel ce capitalisme, en tant que rapport social, la soumet, et est donc l’élément porteur d’un projet de société libérée de la loi de la valeur, et de la division de la société en classes.

 

Un tel projet n’a jamais existé dans l’histoire. Si la révolution russe a bien été une révolution prolétarienne, elle n’a pas débouché sur une société communiste. Le soi-disant « communisme » de l’ex-bloc de l’Est, comme celui de la Chine ou de Cuba, n’est rien d’autre qu’une manifestation du capitalisme d’Etat. En effet, l’émergence à l’échelle historique d’une nouvelle société ne peut être réalisée que par la négation totale du capitalisme, et par l’abolition des lois qui régulent le mouvement du capital. Une telle société nouvelle implique une transformation profonde de la relation de l’homme à lui-même et aux autres, des individus à la production,  à la consommation, et à la nature ; elle implique une communauté humaine au service du développement et de la satisfaction de tous les besoins humains.

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