Le nouveau numéro de Perspective Internationaliste vien de paraître, en français et en anglais. Vous pouvez l'obtenir par envoi mail.
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Marx a pu défendre, à l’époque, que souvent l’actualité des événements qui se déroulaient en Belgique était prémonitoire de ce qui attendait le capitalisme.
Récemment, un politicien belge, responsable du budget, a déclaré que l’Etat Belgique était carrément en faillite. Il ne s’agit nullement d’une nouvelle péripétie communautaire ou linguistique, mais bien du constat de l’état de la catastrophe économique actuelle.
Cet avis dénote par rapport aux discours officiels, tant en Belgique qu’outre atlantique, où le nouveau président développe, à qui veux bien l’entendre une vision optimiste, prévoyant un futur rétablissement pour fin 2009, ou – "certainement" 2010.
Aujourd’hui, les capitalistes parlent même de reprise !
Mais ils oublient :
le taux de chômage aux Etats-Unis s’élève à 10% sur base des statistiques officielles qui sous-estiment le nombre réel des sans emploi, alors que les saisies et pertes d’habitations continuent à monter et tandis que la nouvelle administration renégocie les contrats de travail dans l'industrie automobile pour faire des coupes-sombres brutales dans les salaires et les avantages des ouvriers, la popularité d'Obama, encouragée par les médias - les organes de manipulation de masse dans le capitalisme actuel.
Cela se passe également en Europe.
Alors que la mondialisation et la dérégulation ont été les deux mots d’ordre du capital pendant plus de deux décennies, partagés par la droite et la gauche, par Reagan et Clinton aux Etats-Unis, par Thatcher et Blair au Royaume-Uni, par chrétiens et démocrates-sociaux en Allemagne, la crise actuelle a déjà mené à une division de la mondialisation à partir de la dérégulation. Maintenant c’est la régulation que est devenue le nouveau mot d’ordre du capital, même si la mondialisation continue à être le souci premier de la classe capitaliste.
Paradoxalement, la bourge oisie semble poursuive une marche en avant pour le moins catastrophique. On vit la poursuite de la politique initiale des USA :
Qu’est-ce que cela provoque ?
Le résultat : cela a permis à empêcher l’embrasement du système financier global.
Alors que se passe-t-il ?
Mais il est clair, pour nous, que l’économie globale est embourbée dans une crise économique qui est la plus profonde depuis la "grande dépression" des années 30. Une analyse de la situation réelle du monde capitaliste indique que de nouvelles ondes de chocs sont encore à venir.
On peut parler d’une crise de surproduction, elle-même inhérente à l'opération de la loi de la valeur capitaliste et à la nécessité conjointe d’une dévalorisation massive de capital si un nouveau cycle d'accumulation devait être possible.
Il paraît évident que L’importante augmentation du rôle de l'Etat dans la gestion de l’économie capitaliste, la tendance au capitalisme d'Etat, qui a été une marque de fabrique du siècle passé, n’ont, en aucune manière, éliminé les tendances du capital à la crise, sa tendance aux effondrements périodiques et dévastateurs.
Les outils d’analyse
A partir des apports de Marx, qui nous fournit le cadre analytique pour saisir la trajectoire du capitalisme, ses tendances immanentes, ne sont cependant pas une science qui aurait des lois historiques universelles et immanentes sur base desquelles les événements économiques, politiques, sociaux et culturels pourraient être prévus avec exactitude. Ces apports ne sont qu’une "boîte à outils" et les concepts théoriques qu'elle contient permettent de saisir des événements dans les liens entre social, économique, politique et culturel, facteurs qui ont chacun un degré d'autonomie considérable.
Ces mêmes concepts nous permettent de voir comment les contingences jouent également un rôle significatif dans la trajectoire historique, même si la totalité capitaliste est définie par la forme-valeur qui a aujourd’hui imprégné chaque domaine de la vie humaine. On ne peut donc faire, sur la base de cette compréhension des tendances contradictoires inhérentes à la forme-valeur dans la période actuelle de domination réelle du capital, qu'une analyse des perspectives vers lesquelles se dirige le capital mondial.
Une explication possible
De telles crises sont inhérentes à la forme valeur, dans la double nature du travail et de la production dans une société capitaliste, dans la contradiction entre le travail concret et abstrait, la valeur d'usage et la valeur abstraite des marchandises, les limites des possibilités de valorisation et le mouvement insatiable du capital au développement des forces productives.
Quand il y a une crise ouverte du capitalisme, la réponse requise pour qu’un nouveau cycle d'accumulation commence, implique historiquement un abaissement des salaires réels, une diminution du prix des matières premières et une réduction des coûts de production et de circulation, dans lesquels à la fois le mécanisme de déflation et un effort concerté de rationalisation supplémentaire de l'économie ainsi que des innovations technologiques jouent des rôles importants.
À ces derniers doit être ajoutée une dévalorisation massive de capital qui, dans les crises économiques dévastatrices du capitalisme décadent au vingtième siècle, a entraîné la destruction massive de la capacité productive et du travail vivant dans des guerres affreuses.
Les réactions ouvrières
La colère que la classe ouvrière montre face à la crise, le chômage et la réduction drastique du niveau de vie est réelle. Que cette colère, et même cette fureur, se soit exprimée pratiquement de manière quotidienne en occupations d'usines aux Etats-Unis (par exemple à l'usine Republic Windows and Doors de Chicago en décembre dernier), en Grande-Bretagne (par exemple dans une partie des usines de voitures de Visteon) et en France (par exemple chez Caterpiller où en plus de l’occupation de l’usine, les ouvriers ont également retenu les dirigeants en otage). Là où les entreprises transnationales ont cherché à fermer ou réduire des usines en France et en Allemagne, comme en mai à l’usine de pneus Continental, des actions coordonnées d’ouvriers ont éclaté au-delà des frontières nationales.
Néanmoins, la plupart de ces actions se sont concentrées sur le paiement des arriérés de salaires et des avantages légaux dus aux ouvriers et n'ont pas constitué une confrontation par rapport aux vagues de chômage elles-mêmes.
La détermination des ouvriers pour s’engager dans des actions directes et à ne pas passer par des compromis a été à la fois exemplaire et potentiellement pleine de possibilités, mais en dépit de ceci, et malgré la volonté d’agir en dehors des syndicats, ces actions n'ont pas encore constitué un défi significatif à la puissance du capital, de son Etat et de ses syndicats, d'imposer l'austérité que le capital exige dans la crise actuelle. Des manifestations semblables de lutte face aux licenciements massifs se produisent maintenant régulièrement dans l'ensemble de la Chine, où des dizaines de millions d'ouvriers ne sont pas simplement dépossédés de leur travail et de mois de salaires, mais sont aussi renvoyés vers les villages dans la campagne desquels ils étaient partis ces dernières décennies pour travailler dans les zones industrielles côtières, sans perspective de pouvoir gagner leur vie. Cette migration renversée est aussi pleine de potentialités pour les luttes massives contre lesquelles le régime chinois mobilise la puissance du pouvoir de répression de l'Etat.
Le paysage capitaliste a également été animé par la manifestation de luttes sociales à l’échelle nationale en Grèce, où l'économie a été paralysée pendant des semaines en décembre dernier lorsque étudiants et ouvriers ont pris le contrôle des rues des villes et de l'espace public. Mais là, en fin de compte, toute cette rage s’est consumée et l'ordre capitaliste s’est rétabli dans les rues d'Athènes et de Thessalonik.
Mais un autre élément est intervenu.
Que penser des suicides ? Ils ont été réduits à un simple fait divers. Ne manifestent-ils pas le processus de réification en cours.
Il me semble opportun de poser la question. Marx n’a que peu utilisé ce concept, et l’a délaissé au profit de celui d’aliénation. Mais depuis Lukacs, une différentiation peut être apportée, et les penseurs de l’école de Frankfurt l’utilisent pour théoriser l’impossibilité de la révolution prolétarienne.
Assiste-t-on à un renforcement de la réification ? Y a-t-il une plus grande main mise de l’exploitation sur le facteur humain ? En quoi, aujourd’hui le travailleur est exclu de plus en plus de son processus existentiel au profit d’une robotisation de son être ?
L’aliénation est le processus idéologique qui justifie ce processus. Là aussi, il faut analyser, les effets de ce que je nomme la postmodernité, qui voit l’effondrement des idéologies totalitaires au profit de discours particularistes, de remises en cause fondamentales.
Si ce processus est récupéré par le « spectacle » bourgeois, il ouvre néanmoins des brèches pour que la recherche de nouvelles explications puissent se faire, et que l’élaboration de nouvelles perspectives puisse se réaliser.
Qu’en pensez-vous ?
Mais la bourgeoisie a pu réagir :
En janvier dernier, en Islande, l’économie du pays a subi une halte provoquée par la crise financière et bancaire engendrant des protestations massives qui ont mené à la chute du gouvernement conservateur. Mais là aussi, l'ordre a été restauré alors qu'un Social-Démocrate formait un nouveau gouvernement de gauche avec des promesses de réformes majeures tout en acceptant une austérité draconienne.
En attendant, aux Etats-Unis, l'administration Obama a réussi à imposer son plan de restructuration pour la faillite de Chrysler et GM, qui a nécessité le soutien de l’Union des Ouvriers de l’Automobile (UAW) entraînant des licenciements massifs, baisses de salaires et des marges bénéficiaires, de même qu’une accélération des cadences et un changement des règles de travail pour les ouvriers qui restent – un succès capitaliste pour lequel les syndicats ont joué un rôle essentiel, en échange de participations et d’un siège au conseil d'administration de GM.
D’autres conséquences, sur le plan inter impérialiste
Une crise économique globale a le potentiel de perturber l'équilibre des forces impérialistes, de menacer le statut de l'Etat dominant et de son ordre et de propulser des Etats concurrents pour défier l’hégémonie.
· la Russie cherche à employer son contrôle du gaz en Europe de l'Ouest pour réaffirmer sa puissance sur son "proche étranger" en Ukraine, en Trans-Caucasie et peut-être aussi dans les Etats baltes des Balkans, les prix bas du pétrole laisse le Kremlin avec ses propres problèmes économiques énormes.
· Des troubles politiques sur le plan interne qui se poursuivent actuellement, fournit la vision d’un pays pour lequel l’intégration dans le marché mondial dominé par l’Amérique est compliqué par les antagonismes géopolitiques entre Washington et Téhéran.
· Qu’en est-il de la Chine ? Tout à fait indépendamment de l'impact de la crise économique globale sur les industries dépendantes de l'exportation chinoise qui a déjà mené à un ralentissement de sa croissance économique tellement vantée, la classe dominante chinoise fait face à un dilemme significatif dans la recherche de formulation d’une politique cohérente pour le capitalisme chinois ; défi qui apparaît comme ayant provoqué des débats au sein des rangs des dirigeants capitalistes à Pékin[i].
L’hégémonie mondiale des Etats-Unis n’est pas une fatalité et que, même en l'absence de mouvements de masse de l'ouvrier collectif contre l'ordre capitaliste, les décennies à venir poseront des défis significatifs sur le plan économique, politique et militaire à cette hégémonie, Washington reste, à l’heure actuelle, le lieu principal d’où sera contrôlée la réaction capitaliste à la crise mondiale.
Quelles perspectives ?
Alors, quelles sont les perspectives pour l’économie capitaliste mondiale au cours des années à venir ? Rien qui ressemble à une "crise mortelle" du capitalisme, aucune fin automatique ou inévitable.
L’effondrement du capitalisme, une crise mondiale telle que celle-ci, crée les conditions pour que "l'ouvrier collectif" renverse la forme-valeur, pour abattre l’Etat capitaliste, pour construire une Gemeinwesen ou communauté humaine, mais cela dépend du potentiel négatif de la classe ouvrière qui se réalise, de la capacité de l'ouvrier collectif de rejeter les deux idéologies de la droite, du racisme, de la xénophobie, et de la gauche, qui ne cherchent pas la destruction de la forme-valeur mais sa réforme, une humanisation du capital, une distribution plus équitable de la richesse, dans la forme-valeur selon laquelle elle est produite.
Ces deux solutions de rechange, parce qu'elles laissent la forme-valeur intacte, ne peuvent qu’aboutir à la barbarie ; la barbarie de la guerre de races ou la barbarie de la destruction écologique et d'une distribution soi-disant "égale" de l'austérité que la poursuite de l'existence du capitalisme nécessite. Mais qu’en est-il d'un nouveau cycle d'accumulation comme résultat de la dévalorisation massive de capital provoquée par la crise elle-même ? Comme nous l’avons suggéré plus haut, le niveau de dévalorisation nécessaire pour un nouveau cycle d'accumulation devrait de loin excéder les niveaux que nous avons vus cette dernière année, une issue possible seulement avec des catastrophes écologiques sans cesse plus importantes et des guerres que provoque la poursuite de l’existence du capitalisme. C'est pourquoi, la vision de Rosa Luxembourg, le socialisme ou la barbarie, marque les vrais jalons de la crise actuelle. Les pro-révolutionnaires peuvent contribuer à la réalisation du socialisme en fournissant une explication théorique claire sur pourquoi la forme-valeur, même si elle est institutionnalisée et structurée, quelque soient les idéologies qui l'accompagnent, signifie la barbarie. Seule une intervention dans les luttes continues de l'ouvrier collectif peut contribuer à libérer le potentiel négatif que l'ouvrier collectif représente. FD Perspective internationaliste
Nous vous invitons à participer à la réunion de discussion prochaine, organisée par
Perspective Internationaliste sur le thème :
l'actualité de la crise du capitalisme
Cette réunion se déroulera à l’AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11ème
À 15 heures, le samedi 10 octobre 2009
PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE
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Notre site : www.internationalist-perspective.org/PI/ Notre blog de discussion : blog ippi (http://ippi.over-blog.com
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Perspective Internationaliste a rédigé un appel aux groupes et aux individus pro-révolutionnaires . PI introduira brièvement son appel qui sera ensuite discuté. Tout ceux qui se sentent concernés par cette démarche sont invités à participer aux débats. Cette réunion est organisée en collaboration avec CONTROVERSES.
Le dimanche 13 septembre, de 13h à 17h, Mehringhof, Gneisenaustraße 2, BERLIN
« A regarder le monde actuel, nous y voyons un urgent besoin de révolution qui contraste avec une profonde faiblesse des forces révolutionnaires. Certaines de leurs divergences sont importantes. Et pourtant, ces forces révolutionnaires ont aussi des choses essentielles en commun, des positions internationalistes et révolutionnaires qui les séparent de ceux dont le discours contestataire n’est finalement qu’un prétexte pour la perpétuation de la forme capitaliste de la valeur. Nous utilisons délibérément le terme de ‘pro-révolutionnaire’, parce que seule l’histoire sera capable de juger si ce que nous faisons, discutons, publions, intervenons, etc. possède un impact révolutionnaire ou non. Nous le voulons très certainement. Mais agissons-nous en conséquence ? »
Vous pouvez lire notre appel sur ce blog.
Notre appréciation de la réunion
A Berlin, de nombreuses réunions se déroulent, une vie politique foisonnante se développe. Notre réunion initiée pour rassembler les éléments se réclamant de la gauche communiste est donc une réunion en plus, permettant que l’on se rencontre.
En ce sens, la réunion a été plus qu’une simple addition de présentations de positions politiques.
L’appel de PI dépasse le sectarisme, l’esprit de chapelle et s’attaque à un problème fondamental, celui de la nécessité, pour les révolutionnaires, de comprendre le processus en cours. Modestement, il insiste sur la nécessité de mettre en avant, en osant les confronter à d’autres, des analyses qui ne sont pas nécessairement achevées, qui sont souvent partielles.
Lors de cette réunion de discussion à Berlin, nous avons vu que les analyses présentée, même avec des insistances différentes, explicitaient ce qui se passait actuellement : dénonciation de la crise comme résultat d’un dysfonctionnement financier, mise en évidence par contre des contradictions économiques, insistances sur la nécessité d’une réaction de classe adéquate. C’est d’une certaine manière la concrétisation de l’appel que nous adressons au milieu pro- révolutionnaire. Il est évident que la discussion à propos de la crise actuelle ne peut être considérée que comme un élément particulier, un prétexte.
Il s’agit là d’une discussion nécessaire pour préciser le cadre permettant l’action, la réaction, la confrontation à l’idéologie bourgeoise, le dépassement de la réification, la construction – élaboration du programme communiste. Pour nous, la discussion implique la défense d’une dynamique considérant la classe, non pas comme objet aliéné, incapable de dépasser la réification, mais bien comme sujet, qui sur base de sa pratique de luttes, et se confrontant à l’expérience historique de sa classe, défendue par l’organisation politique, s’avère capable de réélaborer, de manière dialectique le projet communiste.
L’ouverture à la discussion s’avère importante, et constitue certainement un renouveau de la tradition fondamentale de la pratique de la classe ouvrière.
2 - Controverses / Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste
3 - Freundinnen und Freunden der klassenlosen Gesellschaft .
http://www.klassenlos.tk/aktuelles.php
1 - WIldcat : 1
2 - Trend onlinezeitung .
http://www.trend.infopartisan.net/inhalt.html
3 - IKS .
http://de.internationalism.org/
2 - BIRP / Gruppe Internationaler SozialistInnen .
1 - Aufheben .
3 jeunes de Berlin
2 camarades de Hambourg
2 PI
Présidence de F. Dans sa présentation, Marlowe insiste sur la nécessité de comprendre les changements en cours, tant au niveau économique que par rapport aux réactions de la classe ouvrière.
Il réaffirme que l’objectif de PI n’est pas le regroupement, ou d’en constituer les éventuelles prémisses.
Il constate également la pratique du milieu pro-révolutionnaire en ce moment : une dispersion, une non – homogénéité dans les approches, dans les préoccupations. Une attitude parfois sectaire.
Cette confrontation entre pro-révolutionnaires peut se réaliser de diverses manières. Mais elle participe certainement au processus de prise de conscience, au cheminement de la « taupe » qui ne peut se limiter à creuser, à miner le champ capitaliste, sans savoir où elle va. Aveugle peut-être, il lui faut répondre aux questions qui se posent pour dépasser sa cécité. Il s’agit d’apprécier les effets de la réification engendrés par le travail capitaliste, et de réfléchir à ce dépassement.
Comprendre la situation actuelle est bien sûr un enjeu, mais cette compréhension n’est pas une donnée abstraite à connaître, mais une tâche historique : il s’agit d’envisager ce qui relie l’histoire passée, les réalités actuelles et les virtualités futures.
Pour cela il importe de reconnaître la primauté de la confrontation dans l’élaboration de la pensée, mouvement dialectique, qui partant de la relation de diverses expériences, débouche sur de nouvelles expériences pratiques demandant à être théorisées. C’est ce que nous appelons la praxis. Ce qui permet de développer une vision plus élaborée de la réalité contradictoire analysée. Tout le mouvement d’élaboration théorique repose sur la possibilité d’analyses contradictoires, formulations qui peuvent être remises en question par la pratique de la classe, l’intervention des révolutionnaires.
Le groupe Controverses partage ce point de vue, et est intervenu à plusieurs reprises pour insister sur ce point.
L’Appel était-il nécessaire ? Etait-il opportun ?
Certains camarades le contestent. Ils remettent en cause l’opportunité d’une telle démarche. (Freundinnen und Freunden der klassenlosen Gesellschaft)
Mais, il est évident que la confrontation d’analyses ne peut être que bénéfiques, bien qu’il ne s’agisse pas de se limiter à de simples présentations.
Il est incontestable qu’une pression s’exerce sur la classe ouvrière. Nous avions émis, suite aux mouvements ouvriers de 1996, l’hypothèse de l’ouverture d’une nouvelle période. La classe ouvrière, à l’époque, a eut du mal à poursuivre les mobilisations, et nous a contredit cette analyse. La bourgeoisie, après avoir renforcé son appareil répressif, a poursuivit son cheminement, et se retrouve ainsi confrontée à une crise qu’elle a du mal à canaliser.
Il est évident que la crise économique actuelle bouleverse tout, mais elle favorise également la réceptivité de la critique du capitalisme au sein de la classe travailleuse.
Les camarades de Hambourg insistaient sur la nécessité d’apprécier l’évolution de ces luttes.
Il est vrai que les problèmes rencontrés par les travailleurs de OPEL se répercutent au-delà de l’Allemagne.
C’est pour cela, qu’une collaboration nouvelle peut s’installer et développer les réseaux qui existent déjà.
Ce qui est soulevé est simple : peut-on se limiter aujourd’hui, face aux changements, à ressasser les réponses stéréotypées du passé ? Sans vouloir dénigrer les apports de nos prédécesseurs, il faut admettre que ces réponses ne sont plus entièrement satisfaisantes, surtout si on les plaque sur la réalité d’aujourd’hui. La théorie n’est pas achevée. Il ne s’agit pas de se réapproprier le passé, mais de développer les potentialités mises en évidence par nos prédécesseurs.
Il ne suffit pas de constituer le parti pour répondre au désarroi de la classe (BIRP / Gruppe Internationaler SozialistInnen) ; ou d’encenser simplement les « nouvelles générations » qui seraient plus sensibles aux positions de la gauche communiste (CCI).
Dans la seconde partie de la discussion, Marlowe a présenté les propositions qui se trouvent dans PI. Il s’agit d’éléments concrets, qui vont de le sens d’une démarche pragmatique : échanges d’informations, échanges d’articles (comme cela se passe entre Freundinnen und Freunden der klassenlosen Gesellschaft et PI), discussions dans des réunions communes (comme cela se passe entre Controverses et PI).
Mais de quoi s’agit-il ?
Parce que pour PI, le programme n’est pas quelque chose d’acquis, de préexistant, d’une donnée à assimiler. Le programme n’est pas un idéal abstrait qu’il suffirait d’expliquer, et que le prolétariat devrait atteindre, grâce à l’intervention du parti. Il s’agit là d’une vision idéaliste, messianique, déterministe de l’histoire.
Elle est étrangère à la démarche marxiste et relève d’une apologie cléricale. Une telle vision exclut de fait la discussion, puisqu’il suffirait au prolétariat « d’assimiler » ce programme abstrait, défendu par le « parti ». Ce parti doit éduquer, afin que les éduqués puissent suivre la voie tracée par le programme pensé par le parti.
Ainsi, notre conception est étrangère à une telle conception.
A la positivité d’une raison instrumentale au service de l’organisation, à l’utopie totalisante du sujet hégélien unifié : le militant, à l’objet organisationnel sous l’emprise du Savoir du parti, nous opposons la mise en œuvre constante d’une critique susceptible de mettre en évidence le cheminement de la réflexion, la tension existant entre la confrontation entre le réel et les concepts élaborés, et la rectification nécessaire.
Comment faire pour passer de l’explication rationnelle à une approche dialectique ?
Il s’agit de prendre en considération ces divers éléments, ces oppositions comme bases participant au mouvement de négation indispensable au dépassement sans en rester à la seule négation et nécessitant ainsi le passage du spéculatif, à la capacité de projeter, d’élaborer une perspective nouvelle ?
L’enjeu de la compréhension n’est pas une donnée à connaître, mais une tâche historique : il s’agit d’envisager ce qui relie l’histoire passée, les réalités actuelles et les virtualités futures.
Il importe de reconnaître la primauté de la confrontation dans l’élaboration de la pensée, mouvement dialectique, qui partant de la relation de diverses expériences, débouche sur de nouvelles expériences pratiques demandant à être théorisées. Ce qui permet de développer une vision plus élaborée de la réalité contradictoire analysée. Tout le mouvement d’élaboration théorique repose sur la possibilité d’analyses contradictoires, formulations qui peuvent être remises en question par la pratique.
Ainsi, notre conception de la discussion implique la défense d’une dynamique considérant la classe, non pas comme objet aliéné, incapable de dépasser la réification, mais bien comme sujet, qui sur base de sa pratique de luttes, et se confrontant à l’expérience historique de sa classe, défendue par l’organisation politique, s’avère capable de réélaborer, de manière dialectique le projet communiste.
En conclusion :
Déplacement intéressant, malgré les obstacles linguistiques.
Il importe de replacer l’appel dans le contexte, de développer ce qui existe :
A Paris, le réseau, les réunions de PI constituent des espaces de discussion où le milieu peut se rencontrer. On peut s’interroger sur l’opportunité de l’ouverture au CCI.
A Berlin, un travail intéressant est entrepris par « Freunden der klassenlosen Gesellschaft », en tenant compte de l’état du milieu.
La rencontre a permis la rencontre avec des éléments non connus.
FD
Réunion de discussion organisée par
Perspective Internationaliste, en collaboration avec la revue CONTROVERSE,
sur le thème :
Quelle crise du capitalisme ?
le samedi 26 septembre 2009
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Le site de Controverses : http://www.leftcommunism.org/
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