Ce jeudi 22 décembre 2011, il y a grève générale dans les services publics, ici en Belgique. Comme certains travailleurs l’ont constaté, « si en Belgique, le gouvernement a mis plus d’une année pour être formé (541 jours), par contre il lui a suffit de deux semaines pour pondre des mesures d’austérité » sous la houlette d’un premier ministre « socialiste ».
Les Syndicats préparent la réaction…En fait ils prévoient une « grève générale » pour le 31 janvier…
Manifestement, la « base » exprime un réel mécontentement, à tel point que les cheminots ont débrayé spontanément mercredi, paralysant une bonne partie de la Wallonie.
En Wallonie, la grève est largement suivie. Même les magistrats ont fait grève. En Flandre, le clivage « linguistique » ne s’est pas fait sentir : Anvers, le Limbourg, le brabant flamand ont été paralysés. Les syndicats se sont efforcés de mettre un terme au mouvement, même si à Charleroi, le mouvement de grève semble vouloir se poursuivre dans les transports régionaux.
Un acte tout symbolique a été accompli par quelques militants, jeudi midi : ils ont accrochés des banderoles bleues au fronton du siège du PS, pour dénoncer la politique « libérale » du PS.
Mais le gouvernement n’est pas plus assuré. Si au départ, il annonçait une série de mesures réorganisant le régime des retraite des travailleurs, les diverses interventions médiatisées des Ministres essayent de calmer les esprits. Le gouvernement promet des négociations après le vote à la Chambre : ce vote est intervenu la nuit du jeudi au vendredi. Les socialistes ont donc accepté cette réforme des pensions.
Ce vote bafoue la « légalité bourgeoise » : normalement, une loi doit être soumise à la commission adéquate, avec suffisamment de temps pour débattre. Tout a été bâclé. Le Conseil d’Etat, qui est le garant de la légalité et de la constitutionnalité des démarches parlementaires a réagi. Mais manifestement, il n’a pas été suivi.
Comme nous l’avons mis en évidence, samedi à la RP de PI, quelque chose a changé, ici dans le Royaume.
Même si le scénario des grèves de 60-61 n’entre pas en jeu, pour la bourgeoisie, elle reste également un souvenir pénible.
Aujourd’hui, ce qui est mis « en cause », c’est la « concertation sociale » à la belge. Le 1er Ministre ne parle pas des mesures, mais bien de « concertation sociale », et Monsieur Di Rupo de rappeler que « les grèves ne facilitent pas le dialogue social ». Et les syndicats emboîtent le pas : que ce soit du côté FGTB, ou CSC, ils insistent sur le fait qu’un « espace de concertation » existe encore et ils invitent les travailleurs à la grève générale du 31 janvier.
FD
Les jaunes travaillent
“Je regrette pour les voyageurs parce qu’ils sont un peu surpris. Moi, je ne suis pas surpris parce que j’avais eu des échos de ce qui se préparait hier. J’ai essayé de tempérer les gens et de leur dire qu’on faisait grève tous ensemble le jeudi parce qu’il est toujours mieux de prévenir les gens…”, a déclaré Léopold Duplat, permanent CGSP Tournai joint ce matin par Miri Huys pour Bel RTL. À la question de savoir s’il soutenait cette grève, le délégué syndical s’est montré particulièrement évasif, lisez plutôt : “C’est une question problématique avec les instances syndicales… On ne va pas dire… On reconnaît que c’était indispensable de faire grève… C’est dommage que ça arrive comme ça”, a-t-il tenté d’expliquer. (…)
Leur presse (RTL.be), 20 décembre 2011.
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