Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 14:11

La période actuelle est caractérisée par une accentuation de la confrontation entre le fonctionnement économique et politique imposé par le mode de production capitaliste et les réactions de contestation et d’opposition à ce système.

Depuis 2008, la crise économique a connu un approfondissement très net, dévoilant de plus en plus les mécanismes et les perspectives destructrices globales du capitalisme mondial. Les contradictions internes au système ne cessent de produire leurs effets et ce sont maintenant des pans entiers d’Etats qui s’effondrent et cette situation est inédite. C’est la fin de l’illusion du « welfare state » et le règne de l’attaque brutale et généralisée au travers de plans d’austérité.

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Il n’y a pas de lien automatique entre approfondissement de la crise et de la paupérisation et développement de la lutte et de la conscience de classe. Néanmoins, il est clair que la pression économique peut constituer un élément favorable au développement des luttes et du questionnement à propos des perspectives offertes par le monde capitaliste.

La situation actuelle est précisément marquée par le développement de la contestation sociale et d’une remise en question, voire d’un refus de la logique de fonctionnement du capitalisme avec tous ses effets : économique, politique, social, environnemental...

Cette remise en question s’est manifestée sous des formes très diverses et parfois inattendues et on pense ici aux mouvements du « printemps arabe », aux mouvements des « indignés » et aux mouvements « occupy » qui ont côtoyé les grèves et manifestations prolétariennes. Les mouvements ont également mobilisé des franges de populations jusqu’ici peu engagées dans la contestation comme les jeunes.

19 Athens Syntagma place 15 6 11

S’il n’y a pas de généralisation organisée de ces mouvements divers, il faut souligner la contagion de pays en pays et même entre continents. Ainsi, le printemps arabe a été entendu au Yemen, en Libye, en Syrie et jusqu’en Chine. Le mouvement des indignés s’est propagé d’Espagne, en Grèce, et dans d’autres pays européens mais aussi en Israël et il en est de même pour les mouvements « occupy ». Dans leur diversité, ces mouvements d’opposition ont rassemblé des éléments prolétariens et des éléments d’autres couches sociales et ont donc véhiculé des revendications de classe ainsi que des revendications réformistes.

La réaction de la classe dominante face à tous ces mouvements de protestation se sont partagés entre répression brutale, encadrement – entre autres par la présence des syndicats – et récupération au travers de promesses de démocratie politiques (nouveaux régimes politiques) et « citoyenne » comme le G 1000 en Belgique.

A côté de tous ces mouvements inédits se sont poursuivis les mouvements de classe : manifestations et grèves contre l’austérité, les fermetures d’entreprise, les pertes d’emplois, les bas salaires, la vie chère, l’absence de logements, bref, des mouvements de réaction aux effets de la crise capitaliste… Mais, ce qui est nouveau est la perspective. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, on parlait encore du « welfare state » et que les conflits sociaux opposaient les travailleurs aux patrons, une série de conflits qui se déroulent aujourd’hui opposent des travailleurs à leur Etat voir même, à une politique européenne globale. Et même si  ces mouvements sont porteurs de l’illusion qu’avec une « autre gestion », une sortie de la zone euro, les choses iraient mieux, les mouvements s’inscrivent  tout de même dans une dynamique beaucoup plus généralisée et donc, potentiellement plus unificatrice. Il y a également une potentialité de perte d’illusion par rapport au système capitaliste lui-même : les « perles » de l’économie mondiale, les fleurons du monde économique « riche » sont en perte de vitesse, voire en effondrement complet (on pense aux institutions bancaires) et confrontés aux mêmes tourments que les Etats des pays « émergents ». Ceci contient aussi une potentialité  de percevoir le système capitaliste dans son ensemble et de questionner ses perspectives globales.

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La situation actuelle est extrêmement riche en potentialités. Par l’existence d’un questionnent et d’un refus du fonctionnement économique actuel, de ses perspectives et de sa logique. Par un refus des plans d’austérité – et par là, une désolidarisation d’avec les Etats nationaux et le retour à l’affrontement de classe. Par une conscience que le problème est mondial. Par l’expérience de mobilisation, de confrontation, de solidarité collective faite dans ces divers mouvements. Tous ces éléments sont clairement les ferments du développement de la conscience politique du prolétariat.

Jardin

Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE - Publié dans : SITUATION POLITIQUE
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Perspective Internationaliste tient régulièrement des réunions de discussion, partie intégrante de son travail de stimulation d'un réel débat et d'une discussion autour des questions vitales auxquelles sont confrontés les révolutionnaires et la classe ouvrière. Pour des renseignements concernant la prochaine réunion, écrire aux adresses locales. Des réunions sont organisées à Bruxelles, Paris, New-York.

 

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PROCHAINE REUNION

Réunion publique de discussion organisée par Perspective Internationaliste.

 

Quelle société post capitaliste imaginons-nous ?

Cette réunion se déroulera à l’AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11ème,, à 15.30  heures, le samedi 9 juin 2012

 

QUI SOMMES NOUS ?

 

Perspective Internationaliste est une publication qui défend le Marxisme en tant que théorie vivante, capable d’aller à ses sources, de les critiquer, et de les développer au fur et à mesure de la trajectoire sociale historique. Dans cette optique,  Perspective Internationaliste se basant  sur les avancées théoriques de la Gauche Communiste, pense que sa tâche principale est d’aller au-delà des insuffisances et des faiblesses de la Gauche Communiste par un effort incessant de développement théorique. PI ne pense pas que cette tâche lui revient à lui seul, mais plutôt qu’elle ne peut être accomplie que grâce au débat et discussions avec tous les révolutionnaires. Cette vision conditionne la clarté de sa contribution à la lutte et au développement de la conscience de classe du prolétariat. PI n’a pas pour but d’apporter à la classe un programme politique achevé, mais plutôt de participer au processus général de clarification qui se produit au sein de la classe ouvrière.

 

Le capitalisme est un produit transitoire de l’histoire, et non sa finalité. Il est né en réponse à des conditions qui n’existent désormais plus : l’inévitable pénurie, la force de travail comme seule source de richesse sociale. Le capitalisme a fait de la force de travail une marchandise pour s’approprier la différence entre sa valeur et la valeur qu’elle crée. Pendant des siècles, cette recherche de la plus-value a permis une harmonie relative entre le développement de la société et l’accumulation capitaliste. Il a alors donné naissance à un nouveau processus de production, la domination réelle du capital, dans laquelle ce n’est plus la force de travail, mais la machine qui est au centre de la production.  La science et la technologie, mises en mouvement et contrôlées   par le travailleur collectif, deviennent la source première de la création de la richesse sociale. L’énorme productivité déclenchée par ce processus permet au capitalisme de croître à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur.  Il s’est étendu à toute la planète et a absorbé toutes les sphères de la société – y inclus les syndicats et les partis de masse qui sont surgis de la lutte de la clase ouvrière.  

 

La pénurie n’est désormais plus inévitable, mais cette situation, au lieu de libérer l’humanité du besoin, condamne le capitalisme à la surproduction. La création de richesse n’est désormais plus dépendante de l’exploitation de la force de travail mais ceci plonge le capitalisme, prisonnier de la loi de la valeur, dans une crise du profit. Ces obstacles à l’accumulation forcent le capitalisme à augmenter l’exploitation du travail et à faire de la place pour une nouvelle expansion par le biais de l’auto-destruction,  de la dévalorisation massive de capital dans la crise et la guerre. Le capitalisme entre dans sa phase de décadence lorsqu’une telle destruction cannibalistique fait partie intégrante de son cycle d’accumulation. Il est décadent, non pas parce qu’il ne connaît plus de croissance – il s’est énormément développé et a profondément modifié la composition des classes sociales et les conditions dans lesquelles elles luttent -, mais en raison de cette croissance, de sa recherche avide de profit, du fait qu’il est devenu auto-destructeur.  Il est décadent parce qu’il est obligé de lancer des centaines de millions d’êtres humains dans le chômage et la pauvreté parce qu’il ne peut en extraire du profit ; à cause de la productivité qui pourrait rencontrer tous les besoins. Il est décadent parce que son besoin de dévalorisation le conduit irrémédiablement  à la guerre et à la violence incessantes. Le capitalisme ne peut être réformé ; il ne peut être humanisé. Lutter à l’intérieur du système est illusoire : le capitalisme doit être détruit.

 

Le capitalisme est aussi décadent parce qu’il a généré les conditions pour son propre remplacement par une nouvelle société. La science et la technologie, accouplées à la loi de la valeur, et à sa marchandisation de toute la vie, ne sont pas libératrices en elles-mêmes. Mais la classe ouvrière en mouvement, est, par sa condition même à l’intérieur du capitalisme, forcée à se libérer de l’aliénation auquel ce capitalisme, en tant que rapport social, la soumet, et est donc l’élément porteur d’un projet de société libérée de la loi de la valeur, et de la division de la société en classes.

 

Un tel projet n’a jamais existé dans l’histoire. Si la révolution russe a bien été une révolution prolétarienne, elle n’a pas débouché sur une société communiste. Le soi-disant « communisme » de l’ex-bloc de l’Est, comme celui de la Chine ou de Cuba, n’est rien d’autre qu’une manifestation du capitalisme d’Etat. En effet, l’émergence à l’échelle historique d’une nouvelle société ne peut être réalisée que par la négation totale du capitalisme, et par l’abolition des lois qui régulent le mouvement du capital. Une telle société nouvelle implique une transformation profonde de la relation de l’homme à lui-même et aux autres, des individus à la production,  à la consommation, et à la nature ; elle implique une communauté humaine au service du développement et de la satisfaction de tous les besoins humains.

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