Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 08:55

La critique que fait RGF à PI, l’accusant d’une “raison humaniste et universalisme interclassiste”, d’une incompréhension de la réalité proletarienne, d’une incapacité à comprendre la conception matérialiste de la théorie de la lutte de classe, d’un enthousiasme pour les idéologies des “classes moyennes” ou de l’ “aristocratie ouvrière”, est elle-même située sur un terrain ideologique en-dessous du marxisme.

A mon avis la catégorie la plus importante de Marx est l’historicité; ça c’est le veritable centre de sa méthode: “Nous ne connaissons qu’une seule science, celle de l’histoire.” (l’Ideologie allemande)

 

L’histoire au sein de la nature, l’histoire des modes de productions, l’histoire au sein d’un mode de production spécifique, par exemple le mpc, des étapes dans son dévelopment, dans les modes de subsomption du travail au capital et dans la physionomie de la classe ouvrière. Le problème est l’absence de l’historicité dans la theorie de RGF, ou du moins dans son analyse du mode de production capitaliste (mpc). Sa vision du mpc est statique, figée, gelée. Il n’y a pas de processus dans la trajectoire du capitalisme. Au contraire, il y a la tendance a pérenniser les données immediates comme si on était encore en 1847 ou peut-être en 1917; il y a une série d’ invariances dans RGF: invariance des textes du marxisme; invariance du capital et ses modes d’extraction de plusvalue et d’accumulation; invariance du proletariat, qui semble resté pour RGF exclusivement les cols bleu dans les grande usines industrielles, qui produisent, chacun individuellement, de la plus-value.

 

Sur les textes du marxisme: est-il possible aujourd’hui de lire la Dialectique de la nature d’Engels comme autre chose qu’un exemple du matérialisme rudimentaire et mécanique qui caractérisait la Deuxième Internationale et puis le Stalinisme? Est-il possible de lire Materialisme et Empirio-criticisme de Lénine, avec sa theorie rudimentaire sur la connaissance comme simple reflet du monde extérieur dans le cerveau de l’individu, comme si un être humain était une caméra, et ne pas voir comme théorie comme une répudiation implicite des  Theses sur Feuerbach de Marx?   

 

 Et qu’en est-il des textes de Marx lui-meme? Aujourd’hui nous savons, grâce a la publication des propres manuscrits de Marx pour le Capital, et surtout des vastes manuscrits de 1861-1863 du premier volume de Capital, que le texte, à l’insistance d’Engels, a été raccourci et vulgarisé avant sa publication, et que l’édition de 1867 était à nouveau modifiée et vulgarisée avant que ne soit publiée la version que des  générations de révolutionnaires ont lue. Ces manuscripts contiennent des elements cruciaux qui anticipent la trajectoire actuelle du mpc, et démontrent son caractère de processus. Ces mêmes manuscripts de Marx rélèvent les modifications profondes dans l’extraction de la plus-value de l’ouvrier collectif, et des nouveaux modes d’accumulation sur l’échelle planétaire. Ni la mondialisation, ni le rôle du capital fictif et du secteur financier, ne sont réductibles à l’imperialisme de la conception léniniste, avec sa théorie de l’aristocratie ouvrière, ni au capital financier de Hilferding ou de Boukharine. Toutes ces theories sont dépassées; leur place est au musée des antiquités.

 

Mais le plus grande faiblesse théorique de RGF, à mon avis, est sa conception de la classe ouvrière, comme elle était encore au dix-neuvième siècle, statique dans son existence sociale. Où est l’ouvrier collectif des manuscripts de Marx ? L’ouvrier collectif qui produit la valeur collectivement, qui est la source de plus-value, du travail abstrait. Cet ouvrier collectif se trouve dans les usines et dans les bureaux, mais aussi dans les bidonvilles, lorsqu’il est devenu superflu pour les besoins du capital. Cet ouvrier collectif est absent dans la théorie de RGF, ou bien il en situe une partie significative dans ‘les classes moyennes’. Quelle contribution ces “théoriciens” peuvent-ils apporter à la résistance de l’ouvrier collectif contre l’austerité brutale capitaliste en cours, quand ils considèrent que ces prolétaires ne sont pas une partie de la classe, mais une distraction que les “vrais” marxistes dédaignent?

 

                                                       Mac Intosh 

Par PERSPECTIVE INTERNATIONALISTE - Publié dans : DISCUSSIONS
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PROCHAINE REUNION

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Quelle société post capitaliste imaginons-nous ?

Cette réunion se déroulera à l’AGECA, 177, rue de Charonne, Paris 11ème,, à 15.30  heures, le samedi 9 juin 2012

 

QUI SOMMES NOUS ?

 

Perspective Internationaliste est une publication qui défend le Marxisme en tant que théorie vivante, capable d’aller à ses sources, de les critiquer, et de les développer au fur et à mesure de la trajectoire sociale historique. Dans cette optique,  Perspective Internationaliste se basant  sur les avancées théoriques de la Gauche Communiste, pense que sa tâche principale est d’aller au-delà des insuffisances et des faiblesses de la Gauche Communiste par un effort incessant de développement théorique. PI ne pense pas que cette tâche lui revient à lui seul, mais plutôt qu’elle ne peut être accomplie que grâce au débat et discussions avec tous les révolutionnaires. Cette vision conditionne la clarté de sa contribution à la lutte et au développement de la conscience de classe du prolétariat. PI n’a pas pour but d’apporter à la classe un programme politique achevé, mais plutôt de participer au processus général de clarification qui se produit au sein de la classe ouvrière.

 

Le capitalisme est un produit transitoire de l’histoire, et non sa finalité. Il est né en réponse à des conditions qui n’existent désormais plus : l’inévitable pénurie, la force de travail comme seule source de richesse sociale. Le capitalisme a fait de la force de travail une marchandise pour s’approprier la différence entre sa valeur et la valeur qu’elle crée. Pendant des siècles, cette recherche de la plus-value a permis une harmonie relative entre le développement de la société et l’accumulation capitaliste. Il a alors donné naissance à un nouveau processus de production, la domination réelle du capital, dans laquelle ce n’est plus la force de travail, mais la machine qui est au centre de la production.  La science et la technologie, mises en mouvement et contrôlées   par le travailleur collectif, deviennent la source première de la création de la richesse sociale. L’énorme productivité déclenchée par ce processus permet au capitalisme de croître à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur.  Il s’est étendu à toute la planète et a absorbé toutes les sphères de la société – y inclus les syndicats et les partis de masse qui sont surgis de la lutte de la clase ouvrière.  

 

La pénurie n’est désormais plus inévitable, mais cette situation, au lieu de libérer l’humanité du besoin, condamne le capitalisme à la surproduction. La création de richesse n’est désormais plus dépendante de l’exploitation de la force de travail mais ceci plonge le capitalisme, prisonnier de la loi de la valeur, dans une crise du profit. Ces obstacles à l’accumulation forcent le capitalisme à augmenter l’exploitation du travail et à faire de la place pour une nouvelle expansion par le biais de l’auto-destruction,  de la dévalorisation massive de capital dans la crise et la guerre. Le capitalisme entre dans sa phase de décadence lorsqu’une telle destruction cannibalistique fait partie intégrante de son cycle d’accumulation. Il est décadent, non pas parce qu’il ne connaît plus de croissance – il s’est énormément développé et a profondément modifié la composition des classes sociales et les conditions dans lesquelles elles luttent -, mais en raison de cette croissance, de sa recherche avide de profit, du fait qu’il est devenu auto-destructeur.  Il est décadent parce qu’il est obligé de lancer des centaines de millions d’êtres humains dans le chômage et la pauvreté parce qu’il ne peut en extraire du profit ; à cause de la productivité qui pourrait rencontrer tous les besoins. Il est décadent parce que son besoin de dévalorisation le conduit irrémédiablement  à la guerre et à la violence incessantes. Le capitalisme ne peut être réformé ; il ne peut être humanisé. Lutter à l’intérieur du système est illusoire : le capitalisme doit être détruit.

 

Le capitalisme est aussi décadent parce qu’il a généré les conditions pour son propre remplacement par une nouvelle société. La science et la technologie, accouplées à la loi de la valeur, et à sa marchandisation de toute la vie, ne sont pas libératrices en elles-mêmes. Mais la classe ouvrière en mouvement, est, par sa condition même à l’intérieur du capitalisme, forcée à se libérer de l’aliénation auquel ce capitalisme, en tant que rapport social, la soumet, et est donc l’élément porteur d’un projet de société libérée de la loi de la valeur, et de la division de la société en classes.

 

Un tel projet n’a jamais existé dans l’histoire. Si la révolution russe a bien été une révolution prolétarienne, elle n’a pas débouché sur une société communiste. Le soi-disant « communisme » de l’ex-bloc de l’Est, comme celui de la Chine ou de Cuba, n’est rien d’autre qu’une manifestation du capitalisme d’Etat. En effet, l’émergence à l’échelle historique d’une nouvelle société ne peut être réalisée que par la négation totale du capitalisme, et par l’abolition des lois qui régulent le mouvement du capital. Une telle société nouvelle implique une transformation profonde de la relation de l’homme à lui-même et aux autres, des individus à la production,  à la consommation, et à la nature ; elle implique une communauté humaine au service du développement et de la satisfaction de tous les besoins humains.

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